Pour fêter avec un léger retard    la 30.000 ème visite    de ce blog (!!!), j'ai le plaisir d'accueillir un nouveau collaborateur : César, 4 ans et demi.

   César présente une caractéristique de prononciation très fréquente chez les enfants français de son âge : le zézaiement.

   Autrement dit, à l'intérieur de la grande catégorie des fricatives coronales, il associe les alvéolaires [s, z] et les post-alvéolaires [ʃ, ʒ] (en gras dans la transcription ci-dessous), dans la seule catégorie des dentales [θ, ð], ces fameuses consonnes que l'on trouve en anglais (dans les mots "thin" et "this" par exemple) et que beaucoup d'adultes natifs français jugent si différentes qu'ils se refusent à les adopter.

   Exemple : "Je m'appelle César", est prononcé : [ðŒmapɛl *θe'ðaʁ]

Cette distinction entre ces fricatives [s, z] et [ʃ, ʒ] est assez difficile à réaliser. C'est pour cela que les virelangues (ou "tongue twisters") impliquent souvent ces consonnes. Par exemple en français : Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches? Archisèches! ; Suis-je bien chez ce cher Serge? ou en anglais : She sales seashells on the seashore.

Cette confusion des fricatives ne durera pas longtemps, et dans quelques mois - avec ou sans séances d'orthophonie, César maîtrisera parfaitement les fricatives du français.

 

   Avec César, nous vous avons enregistré un court poème de Jean-Luc Moreau : Locataires.

 

J'ai dans mon cartable   [ʒEdɑ̃mõkaʁ'tabl
(C'est épouvantable !)    [sEtepuvɑ̃'tabl
Un alligator                        [ɛ̃naliga'tɔʁ
Qui s'appelle Hector.      [kisapɛl*ɛk'tɔʁ

J'ai dans ma valise         [ʒEdɑ̃mava'liz
(Ça me terrorise !)          [samŒtEʁO'ʁiz
Un éléphant blanc          [ɛ̃nelefɑ̃'blɑ̃
Du nom de Roland.        [dynõdŒ*ʁO'lɑ̃

J'ai dans mon armoire             [ʒEdɑ̃mõnaʁ'mwaʁ
(Mon Dieu, quelle histoire !)  [mõ*djø kɛlis'twaʁ
Un diplodocus                            [ɛ̃diplOdO'kys
Nommé Spartacus.                  [nOme *spaʁta'kys

Mais pour moi le pire,            [mEpuʁmwalŒ'piʁ
C'est sous mon chapeau      [sEsumõʃa'po
D'avoir un vampire                  [davwaʁɛ̃vɑ̃'piʁ
Logé dans ma peau.            [lOʒedɑ̃ma'po]