Voici un article, que j'ai écrit en 1996, intitulé : ETUDE DU RYTHME DE L’ANGLAIS ET DU FRANÇAIS : ANALYSE D’UNE CHANSON EN DEUX LANGUES, retenu pour les Journées d'Etudes de la Parole (JEP 96). J'évoquerai dans de futurs messages d'autres recherches s'étant appuyé sur le rythme musical pour analyser le rythme de la parole, en particulier en français et en anglais.

 

ABSTRACT

Following the rhythmic frames of a “rap” song, the prosodic structures (rhythm and stress) of the English and French lyrics of this song were compared. For most utterances (93% in English and 84% in French), the preservation of the prosodic caracteristics of each language was observed : the stressed syllable of the final lexical word of the sense groupe in English and the last syllable of the sense group in French are, at least, under the rhythmic pulsation. Some rhythmic effects non-coinciding with the prosodic structures (compensated by use of duration for both languages) were described as creating the style of the song.

 

1. INTRODUCTION

On a souvent décrit ou contesté l'opposition langue accentuelle ("stress-timed language") et langue syllabique ("syllable-timed language") entre l'anglais et le français [PIKE, 1945 ; ABERCROMBIE, 1964 ; WENK et WIOLAND, 1982 ; DAUER, 1983 ; FLETCHER, 1991 ; FANT, 1991]. D'autres terminologies ont été proposées pour le français : "trailed timed language" (l'élément saillant en français serait situé à la frontière droite du groupe de sens et non pas, comme en anglais, à la frontière gauche du pied initial) [FLETCHER, 1991] ou “isochronie entre les coupes” [FRAISSE, 1956] ou "boundary language" [VAISSIÈRE, 1991]. Le rythme serait essentiellement dû à une égalité perçue de la durée des syllabes en français et à une tendance à l'isochronie des syllabes accentuées en anglais. Quelles sont les recherches ayant abouti à ces conclusions ? Y a-t-il des cadres d’observation propices à la comparaison du (des) rythme(s) de deux langues?

 

2. RYTHME ET ACCENT EN FRANÇAIS ET EN ANGLAIS

On présente souvent le français comme une langue à accent de mot intrinsèque (de durée) porté sur toute la dernière syllabe de tout mot lexical (les mots grammaticaux - articles, auxiliaires, n’ont pas de dernière syllabe accentuable). En parole spontanée, ces accents de mots ne sont pas ou en partie réalisés. C’est alors la dernière syllabe d’un groupe de mots, constituant un groupe de sens (accent de groupe), qui est allongée (dans un rapport de 2,1 pour les CV et 1,9 pour les CVC, [WENK et WIOLAND, 1982]). Suivant la vitesse d’élocution et le locuteur, l’énoncé est découpé en un nombre différent d’unités de sens [DELATTRE, 1965 ; WIOLAND, 1991].

La position de l'accent (intensité) dans les mots en français n'est pas distinctive. Mais une proéminence sur la première syllabe comme une variante (régionale, stylistique) a été décrite [GRAMMONT, 1914 ; LUCCI, 1983]. La plupart des phonéticiens négligent la proéminence sur les syllabes initiales. Pourtant, [VAISSIÈRE, 1974] décrit une intensité initiale chez des locuteurs non professionnels sans accent régional et [FONAGY, 1980] considère l’intensité initiale comme une marque de changement en cours du système prosodique du français. Le français se caractériserait donc par un surcroît de durée sur la dernière syllabe du groupe de sens, et par un surcroît d’intensité (pas toujours réalisé) sur la syllabe initiale du groupe.

En anglais, les syllabes sont nettement inégales en durée et en intensité. L'accent en anglais a une fonction distinctive ([ˈɒbdʒɪkt]  "objet" ; [əbˈdʒɛkt] "faire une objection"). La position de l'accent est inégalement répartie : 74% des mots bisyllabiques ont un accent initial [DELATTRE, 1965]. La prédominance de l'accent initial influence fortement les stratégies de perception des mots anglais. Les anglophones percevraient plus rapidement les mots dont l'accent est placé sur la première syllabe que les mots dont l'accent est placé sur une autre syllabe, en segmentant donc le continuum sonore avant les syllabes accentuées. L'unité rythmique est généralement décrite comme un groupe de syllabes dont une seule est forte ("strong" vs "weak"). Un rapport de durée de 1 à 1,8 entre les syllabes non accentuées et les syllabes accentuées a été décrit par Wallin [cité par FRAISSE, 1956]. Si les langues syllabiques sont perçues comme présentant des syllabes de même durée, les langues accentuées seraient perçues comme possédant des "pieds" isochrones. [SCOTT, ISARD et BOYSSON-BARDIES, 1985] ont montré que l'isochronie ne semble pas caractériser les langues accentuées. N'ayant pu mettre en évidence la rigueur du concept d’isochronie, [FLETCHER, 1991] aboutit au concept d'isochronie faible. Pour [FANT, 1991], à la suite d'autres auteurs, le concept de langue accentuelle n'est pas dû à une isochronie physique mais à la relative proéminence syllabique des accents, alors qu'une langue syllabique comme le français doit sa régularité à la prédominance de syllabes CV et au faible degré d'accent induit par l'allongement segmental.

Le principe de base du rythme dans la parole est probablement indépendant de la langue étudiée : le rythme est produit par la répétition de schémas composés d'une succession d'événements. On peut donc penser que le rythme ne se réduit pas à la seule perception d'un accent (quelque soit sa nature) sur une syllabe, mais que les composantes du rythme peuvent être hiérarchisées.

Pour résumer, on peut dire qu'en anglais l'accentuation ("stressed syllable") est dominante, alors que l'allongement syllabique est "latent". En français, c'est l'organisation temporelle qui est dominante mais l'accentuation initiale est aussi intrinsèquement présente.

 

3. RYTHME, POESIE ET MUSIQUE

Y a-t-il des cadres d’observation propices à la comparaison du (des) rythme(s) de deux langues?

Pour [FRAISSE, 1956], les structures rythmiques de la poésie ont été basées sur le principe de différenciation des longues et des brèves (quand c’est possible, longues et brèves présentant un rapport de durée de 2), ou sur le retour périodique d’accents ou de coupes. La périodicité dominante est celle de l’isochronisme entre les accents ou les coupes ce qui correspond aux deux rythmes de base : groupement et organisation de durées ; groupement de “moments privilégiés” (accents en général) avec lequel on peut trouver des groupements de durées.

L’étude de la versification confronte les structures métriques (nombre et suite de pieds) et les structures prosodiques. La non-coïncidence entre une catégorie métrique (vers, pied) et la catégorie prosodique correspondante (énoncé, mot prosodique, syllabe) est sujette à des contraintes qu’on cherche à établir. Quand la contrainte est violée, on peut penser (i) que la structure prosodique de la phrase est incorrecte, (ii) que la contrainte établie est incorrecte, (iii) que la contrainte a été délibérément violée par l’auteur [VERLUYTEN, 1989]. De la même manière pour l’anglais, [KIPARSKY, 1975] effectue pour chaque vers une comparaison entre structure métrique et structure prosodique, et observe les concordances et discordances. Les discordances (la complexité) caractérise la limite de non-métricité que l’auteur s’impose.

Cette méthode peut être utilisée en musique, si l’on compare une structure rythmique musicale et une structure prosodique.

 

4. ANALYSE D’UNE CHANSON “RAP”

4.1. Objectifs

On a souvent vanté les capacités musicales des langues accentuelles (comme l’italien) par rapport aux langues syllabiques (comme le français). Ainsi, Rousseau conclut sa Lettre sur la musique française  (1753)  : “D’où j’en conclus que les Français n’ont point de musique et n’en peuvent avoir, ou que si jamais ils en ont une, ce sera tant pis pour eux”.

Nous avons choisi d’observer les rythmes de l’anglais et du français confrontés aux cadres rythmiques de la musique [HEFFNER, 1950 ; FRAISSE, 1956 ; VAISSIERE, 1991]. Pour que le cadre rythmique musical soit le plus similaire possible pour les deux langues, nous avons analysé un “rap”, genre de chanson qui consiste à syllaber le texte avec une voix relativement monocorde sur une pulsation régulière réalisée par des percussions. Ce rap présente la particularité d’être chanté en deux langues, alternativement en anglais et en français par des locuteurs natifs dans la même chanson [URBAN SPECIES, 1994]. Une comparaison des rythmes musicaux employés par les deux langues sera effectuée.

4.2. Corpus

La chanson présente alternativement des passages en anglais et en français (il ne s’agit pas de traductions), au total un texte de 287 mots en anglais, et 245 mots en français (une pulsation musicale tous les 2,08 mots en moyenne en anglais, 2,15 mots en moyenne en français). Suivant la partition de percussion, la mesure est binaire, présentant 4 noires (N) (mesure à 4/4). La durée la plus utilisée est la double croche (dC). Une notation présentant la transcription phonétique des syllabes suivant le rythme (en gras, les syllabes sous la pulsation musicale) a été faite.

en anglais :
N                             N
dC1 dC2 dC3 dC4 dC1 dC2 dC3 dC4
[ˈlɪ-    sn    tu     ðə  ˈrɪ-   ðm]
Listen to the rhythm

N                             N
dC1 dC2 dC3 dC4 dC1 dC2 dC3 dC4
[ˈlɪ-    sn    tu     ðə  ˈraɪm]
Listen to the rhyme

en français :
N                             N
dC1 dC2 dC3 dC4 dC1 dC2 dC3 dC4
ki       ɛ    la-    ni-    mal                lwa-
Qui est l’animal

N                             N
dC1 dC2 dC3 dC4 dC1 dC2 dC3 dC4
zo     u      lə     ti-   ʁœʁ
l’oiseau ou le tireur

 

4.3. Résultats

4.3.1. Les tendances générales

En anglais, on trouve sous la pulsation des monosyllabes (lexicaux le plus souvent, world, rhyme, heart) ; des mots lexicaux de plus d’une syllabe (2 syllabes, ‘rythm, ‘solving, 3 syllabes, e’volving, ‘beggar-man, 6 syllabes, responsa’bilities). On observe que la syllabe accentuée est placée sous la pulsation dans 93% des polysyllabes du texte (67/72).

                 puls.
               
[ˈsɒl-vɪŋ]            solving
               
[ˈbeg-ə-mæn]    beggarman
               
[ˈpes-ɪ-mɪst]       pessimist
        
[kɒn-ˈtrəʊl]                control
             
[ɪ-ˈvɒl-vɪŋ]            evolving
[rɪs-pɒns-ɪ-ˈbɪl-ɪ-tɪz]            responsibilities

En français, on trouve sous la pulsation des monosyllabes (lexicaux le plus souvent balle, ciel) ; des mots lexicaux de plus d’une syllabe (2 syllabes, malade, domaine, 3 syllabes, antidote, bavardage). On observe que la syllabe finale est placée sous la pulsation dans 84% des polysyllabes du texte (46/55).

                 puls.
        
[ma-ˈlad]      malade
        
[sy- ˈsyʁ]      sussure
       
[lɑ̃-ti-ˈdɔt]      l’antidote
  
[ba-vaʁ-ˈdaʒ]     bavardage
      
[la-ni-ˈmal]     l’animal
    
[kõ-sɑ̃-ˈsys]     consensus

 

Ces placements des polysyllabiques anglais et français sur le rythme musical illustrent l’importance accordée ici à la syllabe accentuée en anglais et à la dernière syllabe en français confirmant empiriquement les principales tendances décrites pour la parole dans les deux langues (proéminence de la syllabe accentuée en anglais, proéminence de la dernière syllabe en français). La régularité syllabique et la syllabation en français, parfois travaillées dans les manuels de phonétique française à l’usage des anglophones, trouvent ici une illustration exploitable en classe de langues (où les exercices de rythme sont rares souvent par défaut de support rythmique “musical”).

 

 

4. 3.2. Les autres configurations

Certaines configurations semblent n’exister qu’à cause des contraintes de la mesure musicale, alors que d’autres configurations (RARE) non contraintes caractérisent le style de la chanson.

4.3.2.1. Les contextes contraignants (pour préserver l’accent de groupe)

Les mots grammaticaux sous la pulsation en français (est-ce bien, qui (interrogatif) j’étais) sont naturellement accentuables [VERLUYTEN, 1989].

Les mots grammaticaux sous la pulsation en anglais (of, his, who) préservent la pulsation suivante sur une syllabe accentuée.

En anglais, on observe des dissyllabiques hors pulsation (‘mother), pour permettre à un autre mot lexical, en position finale du groupe de sens, d’être sous l’accent.

N                             N
dC1 dC2 dC3 dC4 dC1 dC2 dC3 dC4
əv    ðə   ˈmʌ-  ðə   ɜːθ
of the mother earth

De la même façon, on trouve, en français, des dissyllabiques dont la syllabe initiale est accentuée (système, soldat) pour conserver la pulsation sur la dernière syllabe du groupe de sens.

         N                            N
dC4 dC1 dC2 dC3 dC4 dC1 dC2 dC3 dC4
lə     sis-  tɛ-   mɛ   ma- lad
Le système est malade

(...)

        N                            N
dC4 dC1 dC2 dC3 dC4 dC1 dC2 dC3 dC4
dœ̃  sɔl-  da    ɛ̃-    kɔ-   ny
d’un soldat inconnu

 

4.3.2.2. Les contextes non-contraignants ou les jeux de rythme propres au style “rap”

On observe en anglais des polysyllabiques dont c’est la syllabe inaccentuée qui est située sous la pulsation (ex : ‘scapegoat) et ce, sans contrainte du contexte. Cet effet est compensé par la durée de la syllabe accentuée (2dC). L’environnement (‘greater) est préservé.

N                            N
dC1 dC2 dC3 dC4 dC1 dC2 dC3 dC4
wɪð  ə    'skeɪp-  -   gəʊt
with a scapegoat

En français, on trouve également des mots dont la dernière syllabe ne tombe pas sur la pulsation (concret, abstrait) sans contrainte du contexte. Cet effet est, comme en anglais, compensé par la durée (2dC).

N                             N
dC1 dC2 dC3 dC4 dC1 dC2 dC3 dC4
- lə     dy    kɔ̃-    -      kʁɛ
(ils veulent) du concret

(...)

N                             N
dC1 dC2 dC3 dC4 dC1 dC2 dC3 dC4
        
si-    lɛ-   tap-  -     stʁɛ
(même) s’il est abstrait.

 

Ces syncopes non contraintes (avec allongement) présentes en anglais comme en français semblent caractéristiques du style “rap”. Elles ne coïncident pas avec la prosodie naturelle de la langue (les résultats d’un test de placement de l’accent à partir d’extraits du texte seul auprès de 25 adultes français natifs confirme que la pénultième d’un groupe de sens n’est pas “naturellement” accentuable).

4.3.3. Rythme musical

Les structures rythmiques musicales pour chaque énoncé-groupe de sens (séparé par deux pauses) ont été transcrites. L’accent anglais frappant le plus souvent la première syllabe du mot et en particulier des très majoritaires dissyllabiques (74%, [DELATTRE, 1965]), on constate une tendance à un rythme qui commence sur le temps. Le rythme ci-dessous (Fig.1) et ses variantes (remplaçant la noire, deux croches, deux, trois ou quatre double croches), est utilisé dans 71% des cas (48/68). On relève peu d’énoncés commençant par une levée.

 

Fig.1- Rythme musical le plus utilisé (71%) par le texte anglais

En français, la pulsation est perçue sur la dernière syllabe. Le rythme le plus utilisé (Fig.2) commence une phrase sur la levée (anacrouse) dans 72% des cas (40/55).

 

Fig.2 - Rythme musical le plus utilisé (72%) par le texte français

 

5. CONCLUSION

L’analyse du texte d’une chanson “rap” en anglais et en français a montré que, lorsque la répartition des syllabes des deux langues est réalisée sur une isochronie musicale (rythme régulier de la pulsation), l’anglais met très majoritairement en valeur la syllabe accentuée alors que le français met très majoritairement en valeur la dernière syllabe de mots lexicaux. En cas de conflit entre deux mots lexicaux, les deux langues privilégient la syllabe accentuée du dernier mot du groupe de sens. Seuls quelques jeux de rythme (toujours différents et représentant 10% des phrases) caractérisent ici le style “rap” de la chanson. Ce style compense la non-coïncidence des structures musicales et prosodiques par des allongements de durée de même type dans les deux langues.

 

6. BIBLIOGRAPHIE

ABERCROMBIE, D., Elements of General Phonetics, Edinburgh University Press, 1967.
DAUER, R.M., Stress-timing and syllabic-timing reanalyzed, Journal of Phonetics, 11, 1983, pp. 51-62.
DELATTRE, Pierre, Comparing the Phonetic Features of English, French, German and Spanish, Julius Groos Verlag, Heidelberg, 1965.
FANT, Gunnar, KRUCKENBERG, Anita, NORD, Lennart, Durational correlates of stress in Swedish, French and English, Journal of Phonetics, 19, 1991, pp. 351-365.
FLETCHER, Janet, Rythm and final lengthening in French, Journal of Phonetics, 19, 1991, pp. 193-212.
FONAGY, Ivan, L’accent français  : accent probabilitaire, Studia Phonetica 15, Fonagy & Léon éd., 1980.
FRAISSE, Paul, Les structures rythmiques, Louvain, PULouvain, 1956.
GRAMMONT, G., Traité pratique de prononciation française, Paris, 1914.
HEFFNER, R-M. S., General Phonetics, Madison, The University of Winconsin Press, 1964.
KIPARSKY, Paul, Stress, Syntax and Meter, Language, vol.51, 3, 1975, pp.576-616.
LUCCI, Vincent, Etude phonétique du français contemporain à travers la variation situationnelle, Publications des Universités des Langues et ds Lettres, Grenoble, 1983.
PIKE, K.L., The intonation of American English, Ann Arbor, University of Michigan Press, 1945.
SCOTT, Donia R., ISARD, S.D., de BOYSSON-BARDIES, Bénédicte, Perceptual isochrony in English and in French, Journal of Phonetics, 13, 1985, pp. 155-162.
URBAN SPECIES  : Listen (Edit, Alternative Mix), Phonogram Ltd, London, 1994.
VAISSIERE, Jacqueline, On French Prosody, Quaterly Progress Report, MIT, Res. Lab. of Electronics, n°114, Juin 1974, 212-223.
VAISSIERE, Jacqueline, Rythm, accentuation and final lengthening in French,  Music, Language, Speech and Brain, 1991.
VERLUYTEN, Paul, L’analyse de l’alexandrin  : mètre ou rythme ? in Le souci des apparences, Dominicy éd., Editions de l’Université de Bruxelles, 1989, pp. 31-74.
WENK, Brian J. , WIOLAND, François, Is French really syllabe-timed?, Journal of Phonetics, 1982, 10, p. 193-216.
WIOLAND, François, Prononcer les sons du français, Hachette, 1991.

 

 Corpus - De nombreuses version de la même chanson ont vu le jour. Voici une grande partie des paroles disponibles.

Listen to the rhythm, listen to the rhyme / Listen to the clock tick tock the hands of time /Ticking, tocking, constantly revolving
Listen to the problems of the world who need solving / Listen to the child crying in the crib / And listen to the sick act that the Daddy did
See Daddy turned his back on all of his responsibilities / Listen how Mummy copes to the best of her abilities / Listen to the cliche rapper that's braggin
Listen to the mother who is always nagging / Her son to get up and do something with his life / Listen to the vows when you're marrying your wife
Listen to the scream of a mother giving birth / Listen to the sorrows of our Mother Earth / Listen to the beggarman begging in the street
Please can you spare some change so I can get some food to eat / Listen to the plight of the homeless / And if you listen to the pessimists everything's hopeless
Listen to your heart, listen to your soul / Listen to your conscience, let it take control / And just listen

Ecoute la palombe, paisible dans le ciel / Ecoute aussi la balle qui lui déchire les ailes / Qui est l'animal, l'oiseau ou le tireur
Ou celui qui vend l'arme, qui lui déchire le cœur / Ecoute le dernier pff d'un soldat inconnu / Ecoute tomber les larmes d'une femme un peu cocue
Ecoute le consensus dans son entourage / Il était consciencieux quelle force et quel courage
Ecoute plutot le bzz des ailes de l'abeille, Elles se foutent d'une sensation de miel / Ecoute aussi le 'pshit' que fait l'insecticide
Comme dans le monde actuel elle a choisi le génocide / Lepen traîne sa haine malsaine
Ecoute plutot ton cœur pas la flamme de la haine / Ecoute plutot le bon, pas la brute ou le truand / Ecoute ce qui apaise, écoute moi ce son

Listen to the fascists looking for your vote / Listen how he gets some with a scapegoat
He sees your tears and plays on your fears / Till his promises become music to your ears

Ecoute le clic-clac d'une paire de menottes / Le système est malade mais est-ce bien l'antidote ?
Ecoute la sirène qui file dans le domaine, la haine est la même, même dans ce domaine

Listen to the horrors my people saw / Listen to the politics of the gulf war
Place all the blame and name Hussein insane / Listen how he said two can play the same game

Ecoute le chant du coq, le solfège il s'en moque / Ecoute le chantage des rois du bavardage
Ecoute le tonnerre, Prévert, guerre à la guerre / Ecoute le croyant quand il fait sa prière.