29 mai 2014

Un héros de cartoon avec un french accent

 

    Pour beaucoup d'Anglo-Américains, l'accent français en anglais est représenté par un des héros des dessins animés de la Warner Bros : Pepé Le Pew.

(Pépé le Putois dans sa version française, qui a alors un accent de latin lover... italien !)

Précision zoologique : Pepé Le Pew est une moufette - comme Fleur dans Bambi, un animal qui n’existe qu’en Amérique du Nord… et pas en France !

Amusez-vous à imiter les caractéristiques phonétiques de l'accent français en anglais !

 

 

Chérie, chérie, je t'aime... I want to tell you I love you so, I can't pretend that I don't you know.... Do not say it's in vain...

Oh hello there ! I am so glad you could come ! You have never look more ravishing ! Do you mind waiting just for one minute, golden girl? While I slip into something more comfortable? Intimate, no? All right, I'm quite ready. Sit down darling !

 

 

(in Enseigner la prononciation du français : questions et outils, Paris : Hachette, 2007, pp.86-87)

La faculté d’imitation peut s’exercer dans de nombreuses activités de classe, dans la langue maternelle et ses accents régionaux, ses accents étrangers, et dans la nouvelle langue, en entraînant la souplesse de l’ego et la souplesse vocale.

Activités

Objectif : Corriger par l’imitation de l’accent français en langue maternelle (quand cet accent est familier), les caractéristiques suprasegmentales (rythme, intonation, accentuation) d’une production en français.

Support : Une phrase d’une longueur moyenne, facile à mémoriser, ou n’importe quelle production orale susceptible d’être corrigée (exemple : Je vais à la bibliothèque cet après midi).

Mise en oeuvre : Produire la même phrase traduite dans la langue maternelle mais marquée d’un énorme accent de touriste français (par exemple en anglais : I am goiiiing to the libraryyy zis afternoooon). Juste après, produire la phrase en français. Conclure qu’il est important d’ « entrer » dans la musique de la langue.

 

 

 

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27 mai 2014

Un virtuose des liaisons

 

    Bernard Guetta est un brillant journaliste français, qui a travaillé au journal Le Monde (1978-1990), a obtenu le prix Albert Londres en 1981, et intervient sur les questions géopolitiques depuis 1991 sur la radio France Inter. On peut entendre sa chronique Géopolitique du lundi au vendredi à 08h19 sur France Inter.

    Ce qui est immédiatement remarquable pour un phonéticien dans la parole de Bernard Guetta, ce sont les liaisons. Le flux de sa parole se caractérise par une extrême continuité, les groupes rythmiques sont souvent très longs, et par conséquent les possibilités de liaisons très nombreuses et généralement réalisées... parfois avec excès.

(voir les précédents posts du blog traitant des liaisons ici : (1), (2), (3).

    Il n'est pas question ici de porter un jugement sur la pratique des liaisons de ce journaliste. Je défends l'idée que la langue étant en évolution, l'usage fait loi. C'est donc comme simple observateur que je rentre dans le détail. Comme me le faisaient remarquer des oreilles innocentes : "Bernard Guetta ne fait aucune faute de liaison ! ". Autrement dit, pas de pataquès (quand on fait entendre un -T- final quand il y a un -Z- ou inversement, Je ne sais pas -T- à qui est-ce...), pas de cuir (quand on place un T, Le roi va -T- à Reims, lexicalisé dans l'expression va t'en guerre), pas de velours (quand on fait entendre un -Z- plutôt qu'un -T- : Ils étaient -Z- en vie. Il existe un velours lexicalisé dans l'expression entre quatre-z-yeux.)

   La pratique de la liaison est une marque prestigieuse de contrôle de la langue puisqu'elle précise les liens entre les mots : les mots ne sont plus juxtaposés comme des perles (Deux # euros), mais on indique, parfois sans nécessité absolue, leurs liens -Z- orthographiques. Il existe néanmoins des règles -Z- académiques, ordonnant les liaisons en -N- obligatoires, facultatives... ou interdites comme par exemple après la conjonction et, et # entre un nom singulier et l'adjectif qui le suit.

   Voici donc un petit jeu ! Lisez ci-dessous le texte de la chronique du 8 mai. Notez les liaisons que VOUS -Z-auriez NATURELLEMENT réalisées... puis comparez (-Z-?) avec la lecture de Bernard Guetta.

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Texte de la chronique Géopolitique de Bernard Guetta du jeudi 8 mai 2014 sur France Inter.

Vladimir Poutine baisse le ton

Une grande prudence s’impose mais la Russie paraît infléchir sa position sur l’Ukraine. La prudence s’impose car, depuis le début de cette crise, Vladimir Poutine, ses porte-parole et son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ont toujours soufflé le chaud et le froid pour mieux avancer leurs pions en semant le doute sur leurs intentions mais le président russe n’en a pas moins –c’est un fait- baissé le ton hier.

Premier changement, il a appelé les séparatistes pro-russes, qualifiés de « représentants de l’Ukraine du sud-est » et de « partisans d’une fédéralisation de ce pays », à « différer » le référendum qu’ils comptaient organiser dimanche prochain. Il peut l’avoir fait car, contrairement à ce qui s’était passé en Crimée, la Russie et ses partisans ne seraient en fait pas en situation de se prévaloir d’une bien grande participation à se scrutin illégal puisqu’ils ne contrôlent que peu de villes et qu’il n’y a pas de vrai mouvement de soutien populaire à leurs agissements.

Ce geste de bonne volonté pourrait bien ne relever que du réalisme mais, quand bien même serait-ce le cas, il n’en resterait pas moins que le réalisme est la première étape de la sagesse et qu’il y a là un élément de désescalade puisqu’un référendum, même grossièrement truqué, aurait créé une situation difficilement réversible. Ce premier point est d’autant plus positif que les séparatistes paraissent avoir obtempéré en affirmant leur « plus grand respect pour Vladimir Poutine » et déclarant : « S’il juge cela nécessaire, nous en discuterons évidemment ».

Leur décision devrait être connue aujourd’hui et le président russe a fait, dans la foulée, une deuxième concession, bien plus importante encore, en estimant que l’élection présidentielle ukrainienne du 25 mai pourrait se tenir à condition que les violences cessent. C’est là un complet changement de pied. On jugeait jusqu’à présent à Moscou que cette présidentielle était illégitime car organisée par un pouvoir qualifié de « putschiste » ou même de « junte fasciste de Kiev ». On en contestait d’avance le résultat mais Vladimir Poutine n’en rejette maintenant plus le principe en ne subordonnant sa reconnaissance qu’à un retour au calme c’est-à-dire, a précisé le Kremlin, à un arrêt de l’offensive des dirigeants ukrainiens contre les villes aux mains des séparatistes.

Si ces déclarations d’hier ne sont pas bientôt contredites par d’autres, elles pourraient ouvrir la voie au grand compromis auquel aspirent les capitales occidentales, un donnant-donnant, la présidentielle et la reconnaissance par la Russie du chef de l’Etat qui en sortirait en échange d’une réforme constitutionnelle qui, sous une forme ou l’autre, fédéraliserait l’Ukraine et donnerait ainsi à la Russie un droit de veto sur ses politiques.

Ce ne serait pas inacceptable car tel est le rapport de forces. Ce serait en tout cas mieux que la guerre et éviterait à la Russie l’isolement économique qui la menace mais on ne pourra commencer à y croire que lorsque les troupes russes se seront éloignées de la frontière ukrainienne. A entendre Vladimir Poutine, ce serait fait mais, non, ça ne l’est pas encore.

 

 

    Vous pouvez maintenant écouter cette même chronique avec le diaporama que voici et en suivant sur le texte présenté plus bas qui détaille toutes les liaisons académiquement possibles (obligatoires et facultatives) ou interdites. :

 

 

Une grande prudence s’impose mais la Russie paraît -T- infléchir [1] sa position sur l’Ukraine. La prudence s’impose car, depuis le début de cette crise, Vladimir Poutine, ses porte-parole et son ministre des -Z- [2]  Affaires -Z- étrangères [3], Sergueï Lavrov, ont toujours soufflé le chaud # et [4] le froid pour mieux -Z- avancer [5] leurs pions en semant le doute sur leurs -Z- intentions [6] mais le président russe n’en a pas moins –c’est -T- un fait [7]- baissé le ton hier.

Premier changement, il a appelé les séparatistes pro-russes, qualifiés de « représentants de l’Ukraine du sud-est » et de « partisans d’une fédéralisation de ce pays », à « différer » le référendum qu’ils comptaient -T- organiser [8] dimanche prochain. Il peut l’avoir fait car, contrairement -T- à [9] ce qui s’était passé en Crimée, la Russie et ses partisans ne seraient -T- en fait [10] pas -Z- en situation [11] de se prévaloir d’une bien grande participation # à [12] ce scrutin # illégal [13] puisqu’ils ne contrôlent que peu de villes et qu’il n’y a pas de vrai mouvement de soutien populaire à leurs -Z- agissements [14].

Ce geste de bonne volonté pourrait bien ne relever que du réalisme mais, quand bien même serait-ce le cas, il n’en resterait pas moins que le réalisme est la première étape de la sagesse et qu’il y a là un -N- élément [15] de désescalade puisqu’un référendum, même grossièrement truqué, aurait créé une situation difficilement réversible. Ce premier point est d’autant plus positif que les séparatistes paraissent -T- avoir [16] obtempéré en -N- affirmant [17] leur « plus grand respect pour Vladimir Poutine » et déclarant : « S’il juge cela nécessaire, nous -Z- en [18] discuterons -Z- évidemment [19]».

Leur décision devrait -T- être [20] connue aujourd’hui et le président russe a fait, dans la foulée, une deuxième concession, bien plus -Z- importante [21] encore, en -N- estimant [22] que l’élection présidentielle ukrainienne du 25 mai pourrait se tenir à condition que les violences cessent. C’est là un complet changement de pied. On jugeait jusqu’à présent # à Moscou [23] que cette présidentielle était -T- illégitime [24] car organisée par un pouvoir qualifié de « putschiste » ou même de « junte fasciste de Kiev ». On -N- en [25] contestait d’avance le résultat mais Vladimir Poutine n’en rejette maintenant plus le principe en ne subordonnant sa reconnaissance qu’à un retour au calme c’est- -T- à-dire, a précisé le Kremlin, à un -N- arrêt [26] de l’offensive des dirigeants -Z- ukrainiens [27] contre les villes -Z- aux mains [28] des séparatistes.

Si ces déclarations d’hier ne sont pas bientôt contredites par d’autres, elles pourraient -T- ouvrir [29] la voie au grand compromis # auquel [30] aspirent les capitales -Z- occidentales [31], un donnant-donnant, la présidentielle et la reconnaissance par la Russie du chef de l’Etat qui en sortirait en -N- échange [32] d’une réforme constitutionnelle qui, sous -Z- une forme [33]  ou l’autre, fédéraliserait l’Ukraine et donnerait -T- ainsi [34] à la Russie un droit de veto sur ses politiques.

Ce ne serait pas -Z- inacceptable [35] car tel est le rapport de forces. Ce serait -T- en tout cas [36]  mieux que la guerre et éviterait -T- à la Russie [37] l’isolement # économique [38] qui la menace mais -Z- on [39] ne pourra commencer -R- à y croire [40] que lorsque les troupes russes se seront -T- éloignées [41] de la frontière ukrainienne. A entendre Vladimir Poutine, ce serait fait mais, non, ça ne l’est pas -Z- encore [42].

 

Voici dans le diaporama suivant un montage de toutes les liaisons réalisées par le journaliste. Afin d'améliorer le confort d'écoute, chaque occurence de liaison est répétée deux fois, et le débit a été ralenti.

 

 

 

Bernard Guetta réalise pratiquement toutes les liaisons du texte. Néanmoins, les liaisons suivantes semblent discutables :

• le chaud # et [4] le froid

• jusqu’à présent # à Moscou [23]

• contre les villes -Z- aux mains [28] des séparatistes.

 l’isolement # économique [38]

Ce dernier cas de liaison (académiquement interdite) entre un nom singulier et l'adjectif suivant, ne semble pas exceptionnel pour le journaliste. J'ai relevé dans sa chronique du 22 mai : le mandat -T- européen. [Ajout du 29 août : sommet -T- extraordinaire]

 

 Et vous? Où en est votre pratique des liaisons en français? Merci de me faire part de vos commentaires !

 

 

 

 

 

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21 mai 2014

Jours, mois et saisons...

 

    Pour continuer sur l'expression du temps, Cléo, Nina et Paloma ont enregistré le nom des jours de la semaine ainsi que des mois et saisons de l'année.

Le diaporama ci-dessous est un exercice de répétition, en patrons d'échelons progressifs à gauche et / ou à droite, sans support écrit (les mots apparaissent après - ou avant leur écoute / répétition). On entend une jolie touche provençale dans la prononciation de Paloma quand elle dit "samedi" en 3 syllabes, là où les parisiennes Cléo et Nina prononcent le mot en 2 syllabes "sam(e)di".

Exemple1 : Lundi, le lundi, tous les lundis, ...

Exemple2 : Janvier, en janvier, en janvier prochain, ...

Exemple3 : Le printemps, ce printemps, le printemps dernier, ...

 

 

 

 

 

 

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20 mai 2014

Phonétiquement équilibré

 

    Rémy Porquier de l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense (anciennement Paris X) est professeur honoraire en Sciences du langage. Ses domaines de spécialité sont la didactique et la linguistique. Son ouvrage avec Henry Besse : Grammaire et didactique des langues, LAL Didier (1984), est un classique du domaine. Il a récemment réalisé un émouvant recueil de textes littéraires qui traitent de l'apprentissage des langues, des accents et de la communication ... qui cherche toujours publication.

    Merveilleux narrateur, insatiable curieux, Rémy Porquier aime partager et transmettre.

    Il m'envoie aujourd'hui le message suivant :

 

"J'ai remarqué que les quatre fameux vers de Nerval (Les Chimères, El Desdichado, 1854):

   Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé    [ʒŒsɥilŒtEnE'bʁø / lŒ'vœf / lɛ̃ksO'le

   Le prince d'Aquitaine à la tour abolie    [lŒpʁɛ̃sŒdaki'tɛn alatuʁabO'li

   Ma seule étoile est morte et mon luth constellé    [masœlEtwalɛ'mɔʁt / emõlytkõstE'le

   Porte le soleil noir de la mélancolie    [pɔʁtŒlŒsOlɛj'nwaʁ / dŒlamelɑ̃kO'li]

comporte toutes les voyelles orales - [et nasales] - du français, y compris les semi.

 

C'est nettement plus beau (bien que moins court) que celui que j'avais fabriqué, en 14 syllabes (une seule occurrence de chaque phonème vocalique) :

   Rendez-vous au vieux port le onze juin vers dix heures du soir

   ɑ̃de'vu / ovjø'pɔʁ / lə: z'ʒɥɛ̃ / vɛʁdizœʁdy'swaʁ]

ce dernier étant peut-être plus utile dans la vie sociale surtout qu'on peut permuter dix et onze selon les rencontres et l'heure des marées... "

 

 

 

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12 mai 2014

Les listes de Cléo : dire l'heure

 

 

   Cléo, Nina et Paloma ont voulu enregistrer une nouvelle (longue) liste répondant à la question : Quelle heure est-il?

Deux façons de s'entraîner avec ce diaporama :

1. RÉPÉTER les énoncés APRÈS Cléo, Nina et Paloma ;

2. LIRE L'HEURE dès le "bip" et comparer ENSUITE avec l'enregistrement...

   Attention, c'est assez rapide !

Voici la première partie : les heures du matin.

 

 

 

 

Quelle heure est-il ?   [kElœʁE'til
Le matin. "C'est l'heure de se lever".    [lŒma'tɛ̃ / sElœʁdŒsŒlŒ've
Debout ! C'est l'heure de se lever.   [dŒ'bu / sElœʁdŒsŒlŒ've
Sept heures.   [sE'tœʁ
Sept heures et quart. Il est sept heures et quart.   [sEtœʁE'kaʁ / ilEsEtœʁE'kaʁ
Sept heures et d(e)mie.    [sEtœʁE'dmi
Huit heures moins l(e) quart.    [ɥitŒʁmwɛ̃lˈkaʁ
Huit heures.   [ɥiˈtŒʁ
Huit heures vingt.   [ɥitŒʁˈvɛ̃
Huit heures et demie.   [ɥitŒʁE'dmi
Neuf heures moins vingt.    [nŒvŒʁmwɛ̃ˈvɛ̃
Neuf heures.    [nŒˈvŒʁ
Neuf heures vingt cinq.    [nŒvŒʁvɛ̃'tsɛ̃k
Neuf heures et demie.    [nŒvŒʁE'dmi
Dix heures moins vingt cinq.    [dizŒʁmwɛ̃vɛ̃'tsɛ̃k
Dix heures.    [di'zŒʁ
Dix heures cinq.    [dizŒʁ'sɛ̃k
Dix heures et d(e)mie.    [dizŒʁE'dmi
Onze heures moins cinq.    [õzŒʁmwɛ̃'sɛ̃k
Onze heures.    [õ'zŒʁ
Onze heures dix.    [õzŒʁ'dis
Onze heures et d(e)mie.    [õzŒʁE'dmi
Midi moins dix.    [midimwɛ̃ˈdis
Midi.    [miˈdi
Midi et quart.    [midiEˈkaʁ
Midi et d(e)mie.    [midiE'dmi
J'ai faim ! C'est l'heure de déjeuner.    [ʒEˈfɛ̃ / sElŒʁdŒdEʒŒˈne
Une heure moins l(e) quart.    [ynŒʁmwɛ̃l'kaʁ
Une heure.    yˈnŒʁ]

 

 

 Deuxième partie : les heures de l'après-midi, du soir et de la nuit...

 

 Attention ! Pour les heures de l'après-midi, deux solutions : soit "Une heure et demie", soit "13 heures 30". "*13 heures et demie" n'est pas possible.

 "Dans le français contemporain coexistent deux manières de dire l'heure (...), manières qui naguère encore étaient très inégales socialement et culturellement. La première, longtemps la seule admise en société "distinguée", et la seule utilisée par la littérature, divise les vingt-quatre heures de la journée en deux fois douze, et compte chaque fois de zéro à douze en précisant du matin pour le premier groupe, de l'après-midi ou du soir pour le deuxième : trois heures du matin, onze heures et demie du soir, etc. Quand le contexte est suffisamment clair, on s'abstient de préciser s'il s'agit du matin ou du soir. Il n'y a pas de zéro heure ni de douze heures, qui sont respectivement minuit et midi. (...)
 La deuxième méthode est infiniment plus logique et plus commode. Elle nomme les heures de zéro à vingt-quatre, et les minutes de zéro à soixante (...) C'est une méthode ingénieuse, d'origine technique et d'un emploi qui fut longtemps exclusivement administratif. Elle avait cours surtout à propos des horaires de chemin de fer : "l'express de vingt-deux heures quarante"(...) Aussi n'était-il pas rare qu'on jugeât que se servir d'elle, en dehors de ce contexte ferroviaire, c'était user d'un français de "chef de gare" (...)
 Mais comme beaucoup de façons de s'exprimer qui passent ou qui passaient pour "vulgaires", elle se répand rapidement dans l'ensemble du corps social. Elle s'est déjà assuré une sorte d'exclusivité pour tout ce qui présente un caractère officiel, public ou semi-public. "Vernissage à 18h30". Même dans le cadre d'activités purement privées, dès lors qu'elles revêtent un caractère collectif ou si peu que ce soit de solennité, c'est le système moderne de préciser les heures qui l'emporte. "Le docteur X vous propose un rendez-vous à 14h30". L'ancien système ne garde plus comme champ d'application que l'aire de l'intimité : "Nous ne dînons jamais avant neuf heures". (Répertoire des délicatesses du français contemporain, R. Camus, Points, P.O.L. Editeur, 2000).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelle heure est-il ?   [kElœʁE'til
L'après-midi    [lapʁEmiˈdi
Une heure. Treize heures    [yˈnŒʁ / tʁE'zŒʁ]
Une heure et demie. Treize heures trente.    [ynŒʁE'dmi / tʁEzŒʁ'tʁɑ̃t
Deux heures moins le quart. Treize heures quarante cinq.

[døzŒʁmwɛ̃lˈkaʁ / tʁEzŒʁkaʁɑ̃tˈsɛ̃k
Deux heures. Quatorze heures.
   [døˈzŒʁ / katɔʁˈzŒʁ
Deux heures vingt. Quatorze heures vingt.
[døzŒʁˈvɛ̃ / katɔʁzŒʁˈvɛ̃
Deux heures et demie. Quatorze heures trente. [døˈzŒʁE'dmi / katɔʁzŒʁ 'tʁɑ̃t
Trois heures moins vingt. Quatorze heures quarante.  [tʁwazŒʁmwɛ̃ˈvɛ̃ / katɔʁˈzŒʁka'ʁɑ̃t
Trois heures. Quinze heures.  [tʁwaˈzŒʁ / kɛ̃ˈzŒʁ
Trois heures vingt cinq. Quinze heures vingt cinq.  [tʁwazŒʁvɛ̃tˈsɛ̃k / kɛ̃zŒʁvɛ̃tˈsɛ̃k
Quatre heures. Seize heures.   [kaˈtʁŒʁ / sɛˈzŒʁ
Cinq heures moins vingt cinq. Seize heures trente cinq.   [sɛ̃ˈkŒʁmwɛ̃ˈvɛ̃tˈsɛ̃k / sɛˈzŒʁ'tʁɑ̃t'sɛ̃k
J'ai faim. C'est l'heure de goûter. [ʒE'fɛ̃ /sELœʁdŒguˈte
Cinq heures. Dix-sept heures.   [sɛ̃ˈkŒʁ / disɛˈtŒʁ
Cinq heures dix. Dix-sept heures dix.   [sɛ̃kŒʁ'dis / disɛtŒʁ'dis
Six heures. Dix-huit heures.    [siˈzŒʁ / dizɥiˈtŒʁ
Sept heures moins dix. Dix-huit heures cinquante.   [sE'tœʁmwɛ̃dis / dizɥiˈtŒʁsɛ̃kɑ̃t
Le soir...    [lŒˈswaʁ
Sept heures. Dix-neuf heures.   [sE'tœʁ / diznŒˈvŒʁ
Sept heures cinq. Dix-neuf heures cinq.   [sEtœʁˈsɛ̃k / diznŒvŒʁˈsɛ̃k
Huit heures. Vingt heures.   [ɥiˈtŒʁ / vɛ̃ˈtŒʁ 
J'ai faim. C'est l'heure de dîner.  [ʒE'fɛ̃ /sELœʁdŒdiˈne
Neuf heures moins cinq. Vingt heures cinquante cinq.   [nŒˈvŒʁmwɛ̃ˈsɛ̃k / vɛ̃ˈtŒʁsɛ̃kɑ̃tˈsɛ̃k
Neuf heures. Vingt-et-une heures.    [nŒˈvŒʁ / vɛ̃tEyˈnŒʁ
Je suis fatigué. C'est l'heure de se coucher.   [ʒŒsɥifati'ge /sELœʁdŒsŒkuˈʃe
Neuf heures et demie. Vingt-et-une heures trente.  [nŒvŒʁE'dmi / vɛ̃tEyˈnŒʁ'tʁɑ̃t
La nuit...    [la'nɥi
Dix heures. Vingt-deux heures.    [di'zŒʁ / vɛ̃ndøˈzŒʁ
Dix heures et quart. Vingt-deux heures quinze.  [dizŒʁEˈkaʁ / vɛ̃ndøzŒʁˈkɛ̃z
Onze heures. Vingt-trois heures.    [õ'zŒʁ / vɛ̃ntʁwaˈzŒʁ
Onze heures vingt. Vingt-trois heures vingt.   [õ'zŒʁvɛ̃ / vɛ̃ntʁwaˈzŒʁvɛ̃
Minuit. L'heure du crime...   [mi'nɥi / lœːʁdyˈkʁim
Minuit et demie.   [minɥiE'dmi
Une heure du matin.   [ynŒʁdymaˈtɛ̃
Deux heures du matin.  [døzŒʁdymaˈtɛ̃
Trois heures du matin.   [tʁwazŒʁdymaˈtɛ̃
Quatre heures du matin.   [katʁŒʁdymaˈtɛ̃
Cinq heures du matin.   [sɛ̃kŒʁdymaˈtɛ̃
Six heures du matin.    [sizŒʁdymaˈtɛ̃
Sept heures du matin.  [sEtœʁdymaˈtɛ̃
Debout ! C'est l'heure de se lever.   [dŒ'bu / sElœʁdŒsŒlŒ've

 

 

 

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