25 septembre 2013

Une liste de Paloma : les pièces de la maison

   

   Paloma a fait une liste des pièces de la maison et des principaux meubles qu'on y trouve. Attention aux articles, parfois au singulier parfois au pluriel...

   Que font ces listes de vocabulaire dans un blog consacré à la prononciation ?

   La liste est un genre phonétiquement très intéressant. L'allongement de la syllabe accentuée y est particulièrement présent (avec la montée intonative de continuation, jusqu'au dernier terme). A partir d'une liste, on peut  :

- regrouper les éléments de la liste suivant le nombre de syllabes,

- demander de produire des patrons d'échelon (croissant : mot de X syllabes, X+1, X+2, etc. - la chambre, la cuisine, la salle de bain, la salle à manger... ; décroissant : mot de X syllabes, X-1, X-2, etc. - la salle à manger, l'ordinateur, les placards, la porte...

- regrouper les éléments en fonction de la structure de la syllabe accentuée (syllabe ouverte = se termine par une voyelle phonétique - ex : le lit  [lŒ'li] ; syllabe fermée = se termine par une ou plusieurs consonne(s) phonétique(s) - ex : la porte [la'pɔʁt],

- regrouper les éléments de la liste suivant la voyelle accentuée, suivant la consonne accentuée...

- faire une dictée en Alphabet Phonétique International (des voyelles accentuées, de toutes les voyelles, de la syllabe accentuée...)

 

Une liste de Paloma - La maison

Les pièces de la maison...     [lepjɛsdŒlamE'zõ
 
... l'entrée,                               lɑ̃'tʁe
la cuisine,                               lakɥi'zin
le salon,                                  lŒsa'lõ
la salle à manger,                   lasalamɑ̃'ʒe
la chambre,                            la'ʃɑ̃bʁ
les toilettes,                            letwa'lɛt
la salle de bain,                      lasaldŒ'bɛ̃
le bureau,                               lŒby'ʁo
le balcon,                                lŒbal'kõ
la cave,                                   la'kav
l'escalier,                                lɛska'lje
le grenier, ...                           lŒgʁŒ'nje
... et les chaises,                    le'ʃɛz
la table,                                  la'tabl                              
le fauteuil,                              lŒfO'tœj
le lit,                                       lŒ'li
le canapé,                              lŒkana'pe
le banc,                                  lŒ'bɑ̃
la douche,                              la'duʃ
la baignoire,                           labE'ɲwaʁ
l'ordinateur,                            lɔʁdina'tœʁ
la cheminée,                          laʃŒmi'ne
la porte,                                 la'pɔʁt
les tapis,                                leta'pi
les armoires,                          lezaʁ'mwaʁ
les placards.                          lepla'kaʁ ]

Posté par fonetiks à 19:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


23 septembre 2013

Non, nous ne sommes pas sourds !

 

   Nous ne sommes pas sourds aux sons des langues étrangères.

   Nous n'avons simplement pas l'habitude de les pratiquer et il est parfois difficile de distinguer deux sons d'une langue étrangère (en fait, très rarement quand on y porte vraiment son attention).

   Mais notre premier réflexe est de dire : "Je n'entends pas la différence". Comme si cela était la faute de nos oreilles !

Comme l'écrit littéralement Xiadong, étudiant chinois : "D'abord, c'est la difficulté de distinguer de différents sons [occlusives sourdes/sonores]. Je sens aucune différence en les écoutant, de telle manière que je doute s'il y a quelque maladie dans mes oreilles."

Or, sauf cas spécifiques, nos oreilles entendent bien. C'est notre cerveau qui ne perçoit pas (parce qu'il n'en a pas l'habitude) une différence acoustique qui existe bel et bien dans la nouvelle langue, puisqu'elle est reconnue par tous les locuteurs natifs de cette langue.

   Alors, arrêtons d'accuser nos pauvres oreilles qui n'y sont pour rien. Et entraînons notre cerveau à percevoir de nouvelles subtilités acoustiques  !

Notre "surdité aux langues étrangères" est pourtant une notion bien pratique pour justifier nos difficultés à percevoir et adopter les nouveaux "gestes de parole" nécessaires à la nouvelle langue que nous apprenons.

 

   On a été chercher chez les linguistes de quoi défendre cette idée erronnée de surdité. On a souvent évoqué un des fondateurs de la phonologie occidentale moderne, Nicolas Troubetzkoy. Pourtant, comme il le précise bien dans un paragraphe intitulé "Fausse appréciation des phonèmes d'une langue étrangère", de son ouvrage : Principes de Phonologie, (Klincksieck, Paris, 1967, 1939) : 

Trubetzkoy    troubetzkoy

"(...) ce qu'on appelle "l'accent étranger" ne dépend pas du fait que l'étranger en question ne peut pas prononcer un certain son, mais plutôt du fait qu'il n'apprécie pas correctement ce son. Et cette fausse appréciation des sons d'une langue étrangère est conditionnée par la différence existant entre la structure phonologique de la langue étrangère et celle de la langue maternelle du sujet parlant. Avec les fautes de prononciation, il en va tout à fait de même qu'avec les autres fautes typiques dans le langage d'un étranger." (p. 56)

"Mais s'il [l'homme] entend parler une autre langue, il emploie involontairement pour l'analyse de ce qu'il entend le "crible phonologique" de sa langue maternelle qui lui est familier. Et comme ce crible ne convient pas pour la langue étrangère entendue, il se produit ne nombreuses erreurs et intercompréhensions. Les sons de la langue étrangère reçoivent une interprétation phonologiquement inexacte, puisqu'on les fait passer par le "crible phonologique" de sa propre langue." (p. 54)

 

Troubetzkoy parle bien de "crible phonologique" (ou "tamis" selon les traductions, mais jamais de "surdité"), "phonologique" ou "fonctionnel", regroupant des unités acoustiques diverses (elles le sont toujours) sous des étiquettes fonctionnelles dépendantes de la langue parlée.

L'idée d'une "posture" spécifique à une langue a été déclinée dans le domaine de la perception. À l'instar de l'appareil phonatoire qui acquiert une posture spécifique à la langue, l'appareil perceptuel acquiert un filtre (abstrait) spécifique à la langue, permettant d'intégrer dans une même catégorie perceptive (on pourrait dire aussi fonctionnelle ou phonologique) des réalisations (concrètes)  physiques diverses de parole (phonétique).

 

L'apprentissage de sa langue maternelle par l'enfant consiste à apprendre à ignorer les variations non-distinctives. L'auditeur chercherait à faire passer des réalisations de parole dans une langue qu'il ne connaît pas par le filtre fonctionnel de sa langue maternelle. On lit fréquemment que si un apprenant d'une langue étrangère répète mal ou incorrectement un mot ou un son d’un mot de LE, c’est qu’il l’a mal entendu. On dira plutôt que l'apprenant a fait un mauvais choix parmi toutes les informations acoustiques qui lui sont parvenues, influencé par les habitudes de sa langue maternelle.

 

En didactique de la phonétique, cette idée s'est vue naturellement appliquée par l'élaboration d'exercices de discrimination : il s'agit d'apprendre à catégoriser perceptivement les réalisations physiques d'une langue étrangère suivant le nouveau système, autrement dit d'affiner sa perception.

 

   Mais on entend régulièrement parler de laboratoires de langues utilisant une technologie fondée apparemment sur un traitement de l'audition  et de la perception, et qui ont trouvé et trouvent encore, un très large écho auprès du public français et étranger d'enseignants et d'apprenants en langue. L'existence de ces produits pose implicitement comme postulat que ce n'est pas la catégorisation phonologique propre à chaque langue qui est en jeu dans l'apprentissage linguistique mais la capacité de filtrage auditif en confondant l'hypothèse du filtre phonologique (fonction cognitive, cérébrale) avec le filtrage acoustique (fonction physiologique de l'oreille).

 

L’apprenant LE serait globalement “sourd”, au sens auditif du terme, aux langues étrangères selon les nombreux “promoteurs” de ce courant dont le représentant le plus médiatisé est Alfred Tomatis.

Tomatis        Tomatis1

« On n'est pas sourd, semble-t-il, parce qu'on est inapte à apprendre l'anglais. Et bien, nous répondrons un peu durement que l'on est sourd effectivement à l'anglais. Cette notion, déconcertante de prime abord, est pourtant des plus évidentes si l'on veut bien se souvenir que l'oreille a été secondairement conditionnée au langage et qu'elle a fait son apprentissage grâce au milieu ambiant, au milieu acoustique s'entend, qui a déterminé l'ouverture du diaphragme sélectif de l'audition. Cette limitation, qui est presque la règle, ne nous a rendus maîtres à manier, avec toute la finesse, toute l'agilité désirée, qu'une gamme sonore et rythmique propre à une langue. » TOMATIS, Alfred (1963), L'oreille et le langage, Editions du Seuil, 187p.

 

   Si une telle différence existait entre les langues au point de nous rendre sourds à certains sons des langues étrangères, il y a un domaine que cela concernerait au premier chef : l'industrie des aides auditives pour les sourds et les malentendants.

L'étude de BYRNE [BYRNE et al., 1994] cherche à déterminer s'il existe des différences entre les Spectres moyens à Long Terme dans différentes langues, ce qui influencerait les prescriptions des aides auditives pour sourds et malentendants.  L'étude présente le Spectre moyen à Long Terme pour 12 langues : anglais (plusieurs variétés), suédois, danois, allemand, français canadien, japonais, cantonais, mandarin, russe, polonais, singalais et vietnamien ; des échantillons de parole ont été enregistrés, en utilisant un équipement et des procédures standard pour chaque langue avec 20 locuteurs pour chaque langue (10 femmes, 10 hommes). Les analyses, conduites aux National Acoustic Laboratories de Sydney, ont montré que le SLT était globalement similaire pour toutes les langues même si de nombreuses différences statistiquement significatives ont été observées (n'excédant jamais 6 dB !). D'après les auteurs, il semble clair que le SLT est largement dominé par les caractéristiques du mécanisme vocal. Même si les langues utilisent différentes voyelles et consonnes occupant différemment l'espace spectral, et que la fréquence d’occurrence des unités diffère, ces facteurs semblent n'avoir que des effets mineurs sur le SLT. Et ces différences ne sont pas cohérentes entre femmes et hommes de même langue.

"There is no single language or group of languages which could be regarded as being markedly different from the others. Therefore, it is feasible to propose a universal LTASS (Long Term Average Spectrum of Speech) that would be sufficiently precise for many purposes. Nonetheless, there are small but (statistically) significant differences among languages and more substantial differences, at the low frequencies, between male and female talkers."

Vous pouvez lire l'intégralité de l'article [ici].

Je reproduis les schémas comparant les 12 langues de l'étude. (Cliquer sur les schémas pour les agrandir)

Byrne1  Byrne2

 

Byrne3   Byrne4

 

 

 

 

 * Bonus *

La promotion du filtrage électro-acoustique

Dans un article intitulé “Fausse science et marketing linguistique”, HARMEGNIES et POCH-OLIVE, [HARMEGNIES et POCH-OLIVE, 1992], proposent un amusant pastiche d'argumentaire publicitaire vantant les mérites du filtrage électro-acoustique en apprentissage des langues :

 [HARMEGNIES, B., POCH-OLIVÉ, D. (1992), Fausse science et marketing linguistique, Revue de Phonétique Appliquée, vol. 103-104, p. 181-194.]

“Apprendre les langues à un rythme accéléré ; en acquérir sans effort une maîtrise parfaite, assortie d’un accent irréprochable ; PANGLOSS Inc. peut vous y aider. Encadré par nos spécialistes d’un haut niveau de compétence scientifique, vous bénéficierez de sessions intensives de training audio-oral sous appareillage AUDITRON®.(...)

L’AUDITRON® assure, sous contrôle computérisé, l’adaptation de votre oreille aux caractéristiques intrinsèques de la langue que vous apprenez. En effet, les expériences en la matière ont montré que nul n’est capable de produire des sons qu’il ne peut entendre. Or, du fait même de notre propre imprégnation par notre langue maternelle, notre oreille s’est peu à peu focalisée électivement sur certaines zones fréquentielles et a, par voie de conséquence, perdu l’usage des autres. Tout se passe donc comme si nous étions sourds aux sons des autres langues. On sait maintenant quelles sont les caractéristiques fréquentielles de chaque langue, qui peut dès lors être globalement caractérisée par sa courbe caractéristique propre. L’AUDITRON® (...) en réalisant un filtrage adapté, permet de contrebalancer cette surdité linguistique et assure un contre-entraînement de l’oreille qui libère l’apprenant de ses contraintes auditives et lui assure efficacement un accès aisé à l’exercice de la langue nouvelle.(...).”

 

De manière générale, ces argumentaires montrent d'abord que les langues occupent différemment l'espace spectral, ce qui peut a priori sembler logique puisque :

- les unités phonologiques diffèrent ;

- leurs réalisations de ces unités phonologiques au niveau phonétique présentent des caractéristiques acoustiques différentes ;

- la fréquence d'occurrence de ces unités est différente d'une langue à l'autre.

Il semble finalement assez probable qu'on obtienne au total une occupation différente selon les langues du spectre fréquentiel.

 

Ces argumentaires proposent des “courbes de fréquences” (on ne sait finalement pas très bien de ce dont il s’agit, car rien n’est dit sur la méthode qui a permis de recueillir ces résultats prétendument expérimentaux[1]) appelées par exemple “ courbes de langue”, "ethnogrammes" ou "topogrammes quantitatifs des zones de reconnaissance des sons" (utilisées par les promoteurs de ces méthodes) qui auraient mis en évidence ces différences acoustiques globales entre les langues.

Voici par exemple les courbes d'enveloppe utilisés comme argumentaires par les écoles Tomatis. On voit que ces courbes n'ont rien de commun avec les Spectres moyen à Long Terme vus plus haut qui illustrent globalement les fréquences utilisées par une langue.

courbes

 

[HARMEGNIES, POCH-OLIVÉ, 1992] ont critiqué les principes généraux que de telles publicités exploitent dans leurs argumentaires prétendumment scientifiques. Nous en reprenons les deux principaux points suivants :

 

1. Perception et production

S’il est clair qu’une distinction phonologique non perçue ne peut être consciemment reproduite[2], la réciproque de cette proposition n’est pas vraie dans tous les cas : ce n’est pas parce qu’une distinction phonologique est perçue qu’elle peut être produite. “Il ne suffit pas de «bien entendre» pour «bien produire»”. [JAKOBSON, 1968] (p. 714) relève que des sujets distinguent à l'audition des formes sonores qu'ils ne sont pas capable de reproduire. L'assymétrie entre les processus de production et de perception a été mise en évidence par [MACKAY, 1987].

 

2. Une analogie indue entre les domaines du court et du long terme

Si l’on conçoit que la maîtrise des phonèmes (caractéristiques locales) passe par la capacité à percevoir ces phonèmes, “rien ne prouve que l’appréhension d’éventuelles qualités globales de la production dans une langue puisse être nécessaire ou utile à ses apprenants.”

 

Et c'est pourtant à partir de ce constat - les langues utilisent globalement des fréquences différentes, qu'une correction auditive est ensuite prônée (par filtrage électro-acoustique) : il s'agit pratiquement de faire écouter à l'apprenant un message en langue étrangère filtré pour renforcer les zones de fréquences qui ne sont pas utilisées dans sa propre langue. C'est cette différence de point de vue qui creuse le fossé avec la méthodologie verbo-tonale de correction phonétique en cours de langue qui opère une analyse locale par utilisation de "contextes favorisants" mettant en valeur les caractéristiques du son.



[1]"Usant des mêmes techniques que précédemment, sur phonogrammes ou sur sonagrammes, nous avons pu retrouver progressivement les courbes d'enveloppe des valeurs moyenne des fréquences souvent rencontrées dans l'analyse des phrases collectées dans les mêmes groupes ethniques. Ainsi, par exemple, le lieu d'élection de la plus grande agglutination fréquentielle pour le français se rencontre aux alentours de 800 à 1.800 Hz, tandis que pour l'anglais, il s'étend entre 2.000 et 12.000 Hz."

TOMATIS, Alfred, L'oreille et le langage, Editions du Seuil, 1963, 187p.

[2]On peut, bien sûr, produire des oppositions ayant valeur distinctive dans une langue étrangère mais sans valeur distinctive (allophones) dans sa langue maternelle.

 

Posté par fonetiks à 17:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 septembre 2013

C'est la rentrée !

   

    Et voici une nouvelle collaboratrice : Paloma, qui va bientôt avoir 8 ans. Paloma habite dans un petit village de Provence, mais elle n'a pas d'accent provençal (aucun de ses deux parents ne l'a). Tous les soirs, après l'école - elle est en CM2, elle fait son travail avec sa maman et en ce moment, elle apprend les tables de multiplication (nous verrons cela dans un futur message sur le rythme).

   Avec Paloma, nous avons enregistré du vocabulaire thématique (comme les Listes de Cléo : Les pays, Les fruits et les légumes, Les animaux, Les couleurs, Les vêtements, Les transports ).

   Et comme c'est la rentrée, Paloma a choisi de nous présenter une liste... du contenu de sa trousse !

 

Une liste de Paloma - Dans ma trousse...

 
 
 
 
 
Dans ma trousse...       [dɑ̃ma'tʁuːs          
... des crayons,             dekʁE'jõ
des stylos,                    desti'lo  
une gomme,                 yn'gɔːm
un taille-crayon,          ɛ̃tajkʁE'jõ
une règle,                    yn'ʁɛgl
des ciseaux,                desi'zo
de la colle,                   dŒla'kɔl 
des feutres,                  de'føːtʁ  
un compas,                  ɛ̃kõ'pa 
des crayons d(e) couleur,   dekʁEjõdku'lœːʁ   
du scotch,                    dy'skɔtʃ
des craies,                   de'kʁɛ 
une ardoise noire,       ynaʁdwaːz'nwaːʁ 
une ardoise blanche,   ynaʁdwaːz'blɑ̃:ʃ 
un pinceau,                  ɛ̃pɛ̃'so 
de la peinture.              dŒlapɛ̃'tyːʁ]
 
 
 

Posté par fonetiks à 18:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 août 2013

"En fait" en fête à l'export ...

  

   Cette locution adverbiale commence aujourd'hui bon nombre de prise de parole des français natifs, en particulier chez les enfants et les jeunes, tant pour raconter quelque chose que pour exprimer une opinion. Chez certains, cela vire au tic de langage, ce que l'écrivain polémiste Renaud Camus appelle une scie individuelle ou une cheville universelle...

   "En fait" (prononcé [ɑ̃fɛt]) n'est bien sûr pas le seul tic répandu en ce moment en français. On peut citer aussi : effectivement, (m') enfin, tu vois / vous voyez, voilà, quoi, genre...

   Wikipédia propose la traduction en plusieurs langues de "en fait" :

 

   Voici le lien vers un amusant article parodique sur le virus "en fait" donc je cite un extrait ci-dessous :

"En fait, cette expression hautement contagieuse, très collante et très présente est en fait surtout utilisée pour réaliser une démonstration ou exposer une idée, en fait. En fait, servant tour à tour pour l'introduction d'un raisonnement, autant que pour une conclusion, en fait. « En fait » sert en fait surtout à marquer une idée, en fait. « En fait », marque aussi une transition, en fait. En fait, c'est comme pour un télégramme, en fait. En fait, remplacez « STOP » par « en fait », en fait. L’expression apparaît en fait à chaque fois que l’interlocuteur[1] prend en fait conscience de ce qu’il a en fait à exprimer. Le rythme d’apparition est en fait très irrégulier, et peut apparaître 3 fois dans une phrase, pour ne réapparaître que quelques phrases plus loin en fonction de la façon où l’interlocuteur suit plus ou moins le fil de son raisonnement, en fait.

C’est en fait comme pour ce dernier paragraphe, en fait. En fait, j’ai relevé, par exemple, 21 fois « en fait » en 5 minutes, ce qui en fait représente environ 250 fois dans une heure. « En fait » est d’autant plus présent que l’interlocuteur est en fait assez incertain de son raisonnement, en fait. En cela, il a en fait pour seul avantage de remplacer les « euh », en fait, d’une manière, en fait, plus élégante, en fait. « En fait » peut remplacer toute sorte de ponctuation en fait."

 

   Enfin, et c'est ma contribution, voici dans le diaporama ci-dessous, deux exemples d'un usage excessif de la locution "en fait" :

1. en français langue maternelle : France Inter, 25/08/2013, 8h38 : Vincent Coquebert, du magazine Grazia.

2. en français langue étrangère : France Inter, 22/04/2013, 7h55 : Sami, réfugié syrien.

Dans les deux cas, les occurrences de "en fait" ont été légèrement amplifiées.

 

   Des apprenants étrangers débutants m'ont déjà demandé pourquoi les Français parlent autant de "fêtes" (en fait, vous faîtes, une fête, sont en effet de parfaits homophones)...

Si l'adoption de cette locution par des apprenants étrangers marque bien leur entrée dans la langue et une bonne observation des habitudes orales des natifs, il faut veiller à son usage mesuré, et s'entraîner à varier son emploi avec d'autres locutions fonctionnellement équivalentes : euh..., en réalité, effectivement, finalement, au fond, alors, ...

 

"En fait..."

Posté par fonetiks à 08:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 août 2013

César, 4 ans et demi

 

   Pour fêter avec un léger retard    la 30.000 ème visite    de ce blog (!!!), j'ai le plaisir d'accueillir un nouveau collaborateur : César, 4 ans et demi.

   César présente une caractéristique de prononciation très fréquente chez les enfants français de son âge : le zézaiement.

   Autrement dit, à l'intérieur de la grande catégorie des fricatives coronales, il associe les alvéolaires [s, z] et les post-alvéolaires [ʃ, ʒ] (en gras dans la transcription ci-dessous), dans la seule catégorie des dentales [θ, ð], ces fameuses consonnes que l'on trouve en anglais (dans les mots "thin" et "this" par exemple) et que beaucoup d'adultes natifs français jugent si différentes qu'ils se refusent à les adopter.

   Exemple : "Je m'appelle César", est prononcé : [ðŒmapɛl *θe'ðaʁ]

Cette distinction entre ces fricatives [s, z] et [ʃ, ʒ] est assez difficile à réaliser. C'est pour cela que les virelangues (ou "tongue twisters") impliquent souvent ces consonnes. Par exemple en français : Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches? Archisèches! ; Suis-je bien chez ce cher Serge? ou en anglais : She sales seashells on the seashore.

Cette confusion des fricatives ne durera pas longtemps, et dans quelques mois - avec ou sans séances d'orthophonie, César maîtrisera parfaitement les fricatives du français.

 

   Avec César, nous vous avons enregistré un court poème de Jean-Luc Moreau : Locataires.

Jean-Luc Moreau : Locataires

 

J'ai dans mon cartable   [ʒEdɑ̃mõkaʁ'tabl
(C'est épouvantable !)    [sEtepuvɑ̃'tabl
Un alligator                        [ɛ̃naliga'tɔʁ
Qui s'appelle Hector.      [kisapɛl*ɛk'tɔʁ

J'ai dans ma valise         [ʒEdɑ̃mava'liz
(Ça me terrorise !)          [samŒtEʁO'ʁiz
Un éléphant blanc          [ɛ̃nelefɑ̃'blɑ̃
Du nom de Roland.        [dynõdŒ*ʁO'lɑ̃

J'ai dans mon armoire             [ʒEdɑ̃mõnaʁ'mwaʁ
(Mon Dieu, quelle histoire !)  [mõ*djø kɛlis'twaʁ
Un diplodocus                            [ɛ̃diplOdO'kys
Nommé Spartacus.                  [nOme *spaʁta'kys

Mais pour moi le pire,            [mEpuʁmwalŒ'piʁ
C'est sous mon chapeau      [sEsumõʃa'po
D'avoir un vampire                  [davwaʁɛ̃vɑ̃'piʁ
Logé dans ma peau.            [lOʒedɑ̃ma'po]

 

 

Posté par fonetiks à 15:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


18 août 2013

Enchaînements et Liaisons : des exercices

 

   Voici trois exercices pour s'entraîner à l'enchaînement et à la liaison, qui rappelons-le, apparaissent à l'intérieur du groupe rythmique (voir cet autre post sur le sujet).

   D'abord, un premier exercice d'échauffement en deux parties dans lequel Cléo et Nina comptent les centimes et les euros du porte-monnaie de leurs parents.

   Le 1er janvier 2002, quand la monnaie française est passée des francs aux euros, j'ai tout de suite pensé que nous risquions d'adopter diverses statégies pour faire face aux nouvelles liaisons qui nous attendaient. Voici ce que j'écrivais quelques semaines après la mise en circulation de l'euro.

 

franceuro

Les zeuros et leurs liaisons

« Cent Zeuros », disent parfois les grands, « Deux Neuros », disent parfois les petits... Avec les francs, nous avons perdu une grande simplicité pour compter : les francs commençant par une consonne, aucun problème : cent # francs, deux cents # francs. Pour compter notre nouvelle monnaie qui, elle, commence par une voyelle, nous redécouvrons dans nos transactions financières quotidiennes tous les pièges des liaisons. Face à la difficulté, deux stratégies possibles : affronter la diversité des liaisons et apprivoiser « Cent Teuros », « Deux cents Zeuros » et « Mille Leuros » en risquant à tout instant d’inattention la liaison fautive « Cent Zeuros » ou « Mille Zeuros » (Z au pluriel nous est tellement naturel !) ; l'autre stratégie possible est d'éviter la liaison et d'adopter le hiatus « Cen(t) Euros », « Deux cen(ts) Euros », comme si le HEuro était précédé d’un H aspiré (et là, du coup c’est toujours vraiment très simple). Stratégie 1 réussie, vous êtes un virtuose. Stratégie 1 ratée, vous passez pour un prétentieux. Le sérieux avantage de la stratégie 2 est qu’elle ne peut pas rater. Il y a donc de grandes chances que la stratégie 2 soit, avec le temps, majoritairement adoptée suivant la loi du moindre effort. La liaison marque la cohésion entre les éléments syntaxiques. Plus le lien syntaxique entre deux éléments est fort, plus la liaison est résistante. Le lien entre un numéral et le nom qui le suit est normalement très fort. Si la stratégie 2 l'emporte dans une activité très quotidienne comme compter notre monnaie, cela risque-t-il de fragiliser à terme la pratique usuelle des liaisons en français ?

 

   Dans l'exercice en deux parties ci-dessous, Cléo et Nina ont enregistré presque tous les chiffres et les nombres de 1 à 99 (!!!), suivis des mots "centime(s)" - sans enchaînement ni liaison, et "euro(s)" - avec enchaînement ou liaison. Par exemple : "Cinq centimes, cin Qeuros", "Dix centimes, dix Zeuros".

   Cela leur a demandé beaucoup de concentration et de patience... et a provoqué quelques fous rires jusqu'à l'hystérie finale ! Et il a fallu faire aussi toutes ces photos...

   Arriverez-vous jusqu'au bout de cette quasi-torture? Pour vous simplifier la tâche, ce marathon a été scindé en deux parties. Bon courage !

 

Les listes de Cléo : le porte-monnaie (1/2)

Les listes de Cléo : le porte-monnaie (2/2)

 

   Etes-vous arrivé à "99 centimes, 99 Feuros"? Si oui, vous gagnez une médaille phonétique !

 

 

   Voici maintenant un exercice de répétition. Vous découvrez des chiffres et nombres, des professions, des nationalités. Répétez et mémorisez ces mots. Vous en aurez besoin pour l'exercice 2.

 

Liaison & Enchaînement : exercice 1

 

   C'est maintenant à vous de jouer, avec cet exercice de production. Le dessin vous indique le groupe que vous devez produire tout-attaché (avec les enchaînements et liaisons nécessaires, bien entendu !). Ecoutez les 3 exemples... et c'est à vous ! Ce n'est pas si facile et j'ai vu certains jeunes français rencontrer des difficultés... Répondez après le BIP! puis vérifiez avec la correction et répétez. J'attends vos remarques avec impatience !

Liaison & Enchaînement : exercice 2

Posté par fonetiks à 20:09 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

09 juillet 2013

Cultures rythmiques

    

     J’ai toujours été étonné de constater qu’en écoutant de la musique rythmée en compagnie de mon ami Lahcen (qui est marocain), nous avions spontanément systématiquement une manière opposée de marquer le rythme, en syncope. Depuis, j’ai appris le plaisir de me laisser habiter par cet autre rythme et à jouer entre temps et contretemps.

Rythme

Entendre un rythme dans une successivité est donc un processus fortement marqué par la langue et la culture. C’est probablement ce qu’a voulu illustrer la chanteuse belge d’origine anglo-égyptienne Natasha Atlas dans la reprise qu’elle propose de la chanson I put a spell on you, en faisant se suivre deux manières différentes de marquer le rythme (induisant pour chacune une opposition entre le temps et le contre temps). L'extrait est présenté dans le diaporama ci-dessous.

C’est en écoutant le chanteur guitariste anglo-américain Leon Redbone lors d’un passage dans une émission télévisée, et en entendant le public marquer ce qui m’apparaît spontanément comme des contretemps que j’ai voulu vous proposer de tester votre culture rythmique. L'extrait est aussi présenté dans le diaporama ci-dessous.

À vous de jouer !

Testez votre culture rythmique

 Les chansons en entier sont ici : Natasha Atlas / Leon Redbone

Posté par fonetiks à 18:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 juillet 2013

Morceaux choisis (3)

 

Morceaux choisis précédents : (1) (2)

L'invitation au voyage, de Charles Baudelaire.

apres_restauration

 

La musique du diaporama est Nochas buenas, de Esther Lamandier.
Les peintures sont de Félix Ziem (1821-1911), dont une exposition a lieu au Petit Palais à Paris jusqu'au 4 août.

 

 

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


 

Posté par fonetiks à 10:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 juillet 2013

La Cigale et la Fourmi en API

 

     L'enseignement se réfère depuis quelques décennies aux "besoins de l'apprenant". Je ne comprends donc pas pourquoi l'on persiste à faire apprendre aux enfants français du primaire (souvent en CE1, c'est-à-dire à 7 ans !) cette fable de La Fontaine dans laquelle le lexique (dépourvue, bise, vermisseau...) et les structures (participe passé, passé antérieur, ne vous déplaise...) me semblent si sophistiqués, d'un usage disparu ou presque et si peu adéquats à leur niveau. Voir les enfants mémoriser, souvent dans la douleur, un texte dont ils ne maîtrisent pas les contenus qui ne leur serviront que très exceptionnellement, m'attriste toujours... Alors pourquoi ? Parce que les personnages sont des animaux ? Par pure tradition littéraire ? Ne pourrait-on pas au moins, au nom de la difficulté de ce texte, en différer le travail de quelques années ?

Je trouve tout aussi incompréhensible de faire travailler cette fable en FLE pour les mêmes raisons de complexité. Et si l'argument personnages / animaux séduisants pour les enfants ne tient plus, il ne reste que l'intérêt littéraire... Mais rien de très fonctionnel dans tout cela !

Je vois que certains accèdent au blog en cherchant une transcription phonétique de cette fable. Elle est en effet déjà évoquée dans un extrait du périodique "Le Maître Phonétique", cité dans un précédent message.

Pour répondre à cette demande, en voici donc une version complète en orthographe et Alphabet Phonétique International, transcription faite à partir de l'écrit (et non d'après un enregistrement / une prononciation particulière). J'utilise donc les archiphonèmes pour les voyelles d'aperture moyenne en syllabe inaccentuée (voir (1) (2) (3)).

Merci de me signaler toute erreur de transcription !

 

La Cigale et la fourmi              [lasigal / elafuʁmi //


La Cigale, ayant chanté              lasi'gal / Ejɑ̃ʃɑ̃'te /
Tout l'été                                     tule'te/
Se trouva fort dépourvue            sŒtʁu'va / fɔʁdEpuʁ'vy /
Quand la bise fut venue :            kɑ̃la'biːz / fyvŒ'ny //
Pas un seul petit morceau          pazɛ̃'sœlpŒtimɔʁ'so /
De mouche ou de vermisseau.   dŒ'muʃ / udŒvɛʁmi'so //
Elle alla crier famine                   ɛla'lakʁiefa'min /
Chez la Fourmi sa voisine,         ʃelafuʁ'mi / savwa'zin /
La priant de lui prêter                 lapʁi'ɑ̃ / dŒlɥipʁE'te /
Quelque grain pour subsister     kɛlkŒ'gʁɛ̃ / puʁsybzis'te /
Jusqu'à la saison nouvelle.        ʒyskalasɛzõnu'vɛl //
"Je vous paierai, lui dit-elle,       ʒŒvupE'ʁE / lɥidi'tɛl /
Avant l'Oût, foi d'animal,             avɑ̃'lut / fwadani'mal /
Intérêt et principal. "                   ɛ̃tE'ʁɛ / epʁɛ̃si'pal //
La Fourmi n'est pas prêteuse :  lafuʁ'mi / nEpaspʁE'tøːz //
C'est là son moindre défaut.      sE'la / sõmwɛ̃dʁŒde'fo //
Que faisiez-vous au temps chaud ?   kŒfŒzje'vu / otɑ̃'ʃo /
Dit-elle à cette emprunteuse.     di'tɛl / asɛtɑ̃pʁɛ̃'tøːz //
- Nuit et jour à tout venant          nɥite'ʒuʁ / atuvŒ'nɑ̃ /
Je chantais, ne vous déplaise.    ʒŒʃɑ̃'tɛ / nŒvude'plɛ:z //
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.  vuʃɑ̃'tje / ʒɑ̃sɥifɔʁ'tɛːz //
Eh bien! dansez maintenant.      e'bjɛ̃ / dɑ̃'se / mɛ̃tŒ'nɑ̃ // ]

La_cigale_et_la_fourmi_illustration_dore

(La Cigale et la Fourmi, illustration de Gustave Doré)

Posté par fonetiks à 10:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 juillet 2013

Encore [ɑ̃] !

 

     Pourquoi [ɑ̃] toujours et encore ? (voir les autres messages traitant des voyelles nasales (1) (2) )

Parce que [ɑ̃] est probablement la voyelle nasale la plus difficile à maîtriser.
[ɛ̃] est simplement fermé et étiré, [ɔ̃] est simplement fermé et arrondi.

Mais [ɑ̃], qui doit s'opposer aux deux autres voyelles nasales est :
- ouverte, contrairement à [ɛ̃] et [ɔ̃],
- avec les coins de la bouche resserrés, pour s'opposer au sourire de [ɛ̃],
- les lèvres plutôt protuses, pour s'opposer au resserrement de [ɔ̃].
On voit la complexité articulatoire...

Ce n'est pas tellement plus simple du côté acoustique... [ɛ̃] est aigu, [ɔ̃] est grave, [ɑ̃] est aussi plutôt grave, mais bien moins grave que [ɔ̃]...

Sans compter avec "Non" prononcé [nɔ̃] ou [nɑ̃], et les jeunes qui ont tendance à fermer / assombrir [ɑ̃] : "les parents " [lepa'ʁɔ̃]...

Pour s'entraîner, La lune blanche, de Paul Verlaine.

La lune blanche / Luit dans les bois ;
De chaque branche / Part-une voix / Sous la ramée...
Ô bien-aimée.

L'étang reflète, / Profond miroir,
La silhouette / Du saule noir / Où le vent pleure...
Rêvons, c'est l'heure.

Un vaste-et tendre / Apaisement
Semble descendre / Du firmament / Que l'astre-irise...
C'est l'heure exquise.

La musique du diaporama est le célèbre Clair de lune de Claude Debussy, interprété par les Swingle Singers.

[ɑ̃] La lune blanche - Paul Verlaine

 

 

 

 

Posté par fonetiks à 11:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]