22 septembre 2013

C'est la rentrée !

   

    Et voici une nouvelle collaboratrice : Paloma, qui va bientôt avoir 8 ans. Paloma habite dans un petit village de Provence, mais elle n'a pas d'accent provençal (aucun de ses deux parents ne l'a). Tous les soirs, après l'école - elle est en CM2, elle fait son travail avec sa maman et en ce moment, elle apprend les tables de multiplication (nous verrons cela dans un futur message sur le rythme).

   Avec Paloma, nous avons enregistré du vocabulaire thématique (comme les Listes de Cléo : Les pays, Les fruits et les légumes, Les animaux, Les couleurs, Les vêtements, Les transports ).

   Et comme c'est la rentrée, Paloma a choisi de nous présenter une liste... du contenu de sa trousse !

 

Une liste de Paloma - Dans ma trousse...

 
 
 
 
 
Dans ma trousse...       [dɑ̃ma'tʁuːs          
... des crayons,             dekʁE'jõ
des stylos,                    desti'lo  
une gomme,                 yn'gɔːm
un taille-crayon,          ɛ̃tajkʁE'jõ
une règle,                    yn'ʁɛgl
des ciseaux,                desi'zo
de la colle,                   dŒla'kɔl 
des feutres,                  de'føːtʁ  
un compas,                  ɛ̃kõ'pa 
des crayons d(e) couleur,   dekʁEjõdku'lœːʁ   
du scotch,                    dy'skɔtʃ
des craies,                   de'kʁɛ 
une ardoise noire,       ynaʁdwaːz'nwaːʁ 
une ardoise blanche,   ynaʁdwaːz'blɑ̃:ʃ 
un pinceau,                  ɛ̃pɛ̃'so 
de la peinture.              dŒlapɛ̃'tyːʁ]
 
 
 

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30 août 2013

"En fait" en fête à l'export ...

  

   Cette locution adverbiale commence aujourd'hui bon nombre de prise de parole des français natifs, en particulier chez les enfants et les jeunes, tant pour raconter quelque chose que pour exprimer une opinion. Chez certains, cela vire au tic de langage, ce que l'écrivain polémiste Renaud Camus appelle une scie individuelle ou une cheville universelle...

   "En fait" (prononcé [ɑ̃fɛt]) n'est bien sûr pas le seul tic répandu en ce moment en français. On peut citer aussi : effectivement, (m') enfin, tu vois / vous voyez, voilà, quoi, genre...

   Wikipédia propose la traduction en plusieurs langues de "en fait" :

 

   Voici le lien vers un amusant article parodique sur le virus "en fait" donc je cite un extrait ci-dessous :

"En fait, cette expression hautement contagieuse, très collante et très présente est en fait surtout utilisée pour réaliser une démonstration ou exposer une idée, en fait. En fait, servant tour à tour pour l'introduction d'un raisonnement, autant que pour une conclusion, en fait. « En fait » sert en fait surtout à marquer une idée, en fait. « En fait », marque aussi une transition, en fait. En fait, c'est comme pour un télégramme, en fait. En fait, remplacez « STOP » par « en fait », en fait. L’expression apparaît en fait à chaque fois que l’interlocuteur[1] prend en fait conscience de ce qu’il a en fait à exprimer. Le rythme d’apparition est en fait très irrégulier, et peut apparaître 3 fois dans une phrase, pour ne réapparaître que quelques phrases plus loin en fonction de la façon où l’interlocuteur suit plus ou moins le fil de son raisonnement, en fait.

C’est en fait comme pour ce dernier paragraphe, en fait. En fait, j’ai relevé, par exemple, 21 fois « en fait » en 5 minutes, ce qui en fait représente environ 250 fois dans une heure. « En fait » est d’autant plus présent que l’interlocuteur est en fait assez incertain de son raisonnement, en fait. En cela, il a en fait pour seul avantage de remplacer les « euh », en fait, d’une manière, en fait, plus élégante, en fait. « En fait » peut remplacer toute sorte de ponctuation en fait."

 

   Enfin, et c'est ma contribution, voici dans le diaporama ci-dessous, deux exemples d'un usage excessif de la locution "en fait" :

1. en français langue maternelle : France Inter, 25/08/2013, 8h38 : Vincent Coquebert, du magazine Grazia.

2. en français langue étrangère : France Inter, 22/04/2013, 7h55 : Sami, réfugié syrien.

Dans les deux cas, les occurrences de "en fait" ont été légèrement amplifiées.

 

   Des apprenants étrangers débutants m'ont déjà demandé pourquoi les Français parlent autant de "fêtes" (en fait, vous faîtes, une fête, sont en effet de parfaits homophones)...

Si l'adoption de cette locution par des apprenants étrangers marque bien leur entrée dans la langue et une bonne observation des habitudes orales des natifs, il faut veiller à son usage mesuré, et s'entraîner à varier son emploi avec d'autres locutions fonctionnellement équivalentes : euh..., en réalité, effectivement, finalement, au fond, alors, ...

 

"En fait..."

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25 août 2013

César, 4 ans et demi

 

   Pour fêter avec un léger retard    la 30.000 ème visite    de ce blog (!!!), j'ai le plaisir d'accueillir un nouveau collaborateur : César, 4 ans et demi.

   César présente une caractéristique de prononciation très fréquente chez les enfants français de son âge : le zézaiement.

   Autrement dit, à l'intérieur de la grande catégorie des fricatives coronales, il associe les alvéolaires [s, z] et les post-alvéolaires [ʃ, ʒ] (en gras dans la transcription ci-dessous), dans la seule catégorie des dentales [θ, ð], ces fameuses consonnes que l'on trouve en anglais (dans les mots "thin" et "this" par exemple) et que beaucoup d'adultes natifs français jugent si différentes qu'ils se refusent à les adopter.

   Exemple : "Je m'appelle César", est prononcé : [ðŒmapɛl *θe'ðaʁ]

Cette distinction entre ces fricatives [s, z] et [ʃ, ʒ] est assez difficile à réaliser. C'est pour cela que les virelangues (ou "tongue twisters") impliquent souvent ces consonnes. Par exemple en français : Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches? Archisèches! ; Suis-je bien chez ce cher Serge? ou en anglais : She sales seashells on the seashore.

Cette confusion des fricatives ne durera pas longtemps, et dans quelques mois - avec ou sans séances d'orthophonie, César maîtrisera parfaitement les fricatives du français.

 

   Avec César, nous vous avons enregistré un court poème de Jean-Luc Moreau : Locataires.

Jean-Luc Moreau : Locataires

 

J'ai dans mon cartable   [ʒEdɑ̃mõkaʁ'tabl
(C'est épouvantable !)    [sEtepuvɑ̃'tabl
Un alligator                        [ɛ̃naliga'tɔʁ
Qui s'appelle Hector.      [kisapɛl*ɛk'tɔʁ

J'ai dans ma valise         [ʒEdɑ̃mava'liz
(Ça me terrorise !)          [samŒtEʁO'ʁiz
Un éléphant blanc          [ɛ̃nelefɑ̃'blɑ̃
Du nom de Roland.        [dynõdŒ*ʁO'lɑ̃

J'ai dans mon armoire             [ʒEdɑ̃mõnaʁ'mwaʁ
(Mon Dieu, quelle histoire !)  [mõ*djø kɛlis'twaʁ
Un diplodocus                            [ɛ̃diplOdO'kys
Nommé Spartacus.                  [nOme *spaʁta'kys

Mais pour moi le pire,            [mEpuʁmwalŒ'piʁ
C'est sous mon chapeau      [sEsumõʃa'po
D'avoir un vampire                  [davwaʁɛ̃vɑ̃'piʁ
Logé dans ma peau.            [lOʒedɑ̃ma'po]

 

 

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18 août 2013

Enchaînements et Liaisons : des exercices

 

   Voici trois exercices pour s'entraîner à l'enchaînement et à la liaison, qui rappelons-le, apparaissent à l'intérieur du groupe rythmique (voir cet autre post sur le sujet).

   D'abord, un premier exercice d'échauffement en deux parties dans lequel Cléo et Nina comptent les centimes et les euros du porte-monnaie de leurs parents.

   Le 1er janvier 2002, quand la monnaie française est passée des francs aux euros, j'ai tout de suite pensé que nous risquions d'adopter diverses statégies pour faire face aux nouvelles liaisons qui nous attendaient. Voici ce que j'écrivais quelques semaines après la mise en circulation de l'euro.

 

franceuro

Les zeuros et leurs liaisons

« Cent Zeuros », disent parfois les grands, « Deux Neuros », disent parfois les petits... Avec les francs, nous avons perdu une grande simplicité pour compter : les francs commençant par une consonne, aucun problème : cent # francs, deux cents # francs. Pour compter notre nouvelle monnaie qui, elle, commence par une voyelle, nous redécouvrons dans nos transactions financières quotidiennes tous les pièges des liaisons. Face à la difficulté, deux stratégies possibles : affronter la diversité des liaisons et apprivoiser « Cent Teuros », « Deux cents Zeuros » et « Mille Leuros » en risquant à tout instant d’inattention la liaison fautive « Cent Zeuros » ou « Mille Zeuros » (Z au pluriel nous est tellement naturel !) ; l'autre stratégie possible est d'éviter la liaison et d'adopter le hiatus « Cen(t) Euros », « Deux cen(ts) Euros », comme si le HEuro était précédé d’un H aspiré (et là, du coup c’est toujours vraiment très simple). Stratégie 1 réussie, vous êtes un virtuose. Stratégie 1 ratée, vous passez pour un prétentieux. Le sérieux avantage de la stratégie 2 est qu’elle ne peut pas rater. Il y a donc de grandes chances que la stratégie 2 soit, avec le temps, majoritairement adoptée suivant la loi du moindre effort. La liaison marque la cohésion entre les éléments syntaxiques. Plus le lien syntaxique entre deux éléments est fort, plus la liaison est résistante. Le lien entre un numéral et le nom qui le suit est normalement très fort. Si la stratégie 2 l'emporte dans une activité très quotidienne comme compter notre monnaie, cela risque-t-il de fragiliser à terme la pratique usuelle des liaisons en français ?

 

   Dans l'exercice en deux parties ci-dessous, Cléo et Nina ont enregistré presque tous les chiffres et les nombres de 1 à 99 (!!!), suivis des mots "centime(s)" - sans enchaînement ni liaison, et "euro(s)" - avec enchaînement ou liaison. Par exemple : "Cinq centimes, cin Qeuros", "Dix centimes, dix Zeuros".

   Cela leur a demandé beaucoup de concentration et de patience... et a provoqué quelques fous rires jusqu'à l'hystérie finale ! Et il a fallu faire aussi toutes ces photos...

   Arriverez-vous jusqu'au bout de cette quasi-torture? Pour vous simplifier la tâche, ce marathon a été scindé en deux parties. Bon courage !

 

Les listes de Cléo : le porte-monnaie (1/2)

Les listes de Cléo : le porte-monnaie (2/2)

 

   Etes-vous arrivé à "99 centimes, 99 Feuros"? Si oui, vous gagnez une médaille phonétique !

 

 

   Voici maintenant un exercice de répétition. Vous découvrez des chiffres et nombres, des professions, des nationalités. Répétez et mémorisez ces mots. Vous en aurez besoin pour l'exercice 2.

 

Liaison & Enchaînement : exercice 1

 

   C'est maintenant à vous de jouer, avec cet exercice de production. Le dessin vous indique le groupe que vous devez produire tout-attaché (avec les enchaînements et liaisons nécessaires, bien entendu !). Ecoutez les 3 exemples... et c'est à vous ! Ce n'est pas si facile et j'ai vu certains jeunes français rencontrer des difficultés... Répondez après le BIP! puis vérifiez avec la correction et répétez. J'attends vos remarques avec impatience !

Liaison & Enchaînement : exercice 2

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09 juillet 2013

Cultures rythmiques

    

     J’ai toujours été étonné de constater qu’en écoutant de la musique rythmée en compagnie de mon ami Lahcen (qui est marocain), nous avions spontanément systématiquement une manière opposée de marquer le rythme, en syncope. Depuis, j’ai appris le plaisir de me laisser habiter par cet autre rythme et à jouer entre temps et contretemps.

Rythme

Entendre un rythme dans une successivité est donc un processus fortement marqué par la langue et la culture. C’est probablement ce qu’a voulu illustrer la chanteuse belge d’origine anglo-égyptienne Natasha Atlas dans la reprise qu’elle propose de la chanson I put a spell on you, en faisant se suivre deux manières différentes de marquer le rythme (induisant pour chacune une opposition entre le temps et le contre temps). L'extrait est présenté dans le diaporama ci-dessous.

C’est en écoutant le chanteur guitariste anglo-américain Leon Redbone lors d’un passage dans une émission télévisée, et en entendant le public marquer ce qui m’apparaît spontanément comme des contretemps que j’ai voulu vous proposer de tester votre culture rythmique. L'extrait est aussi présenté dans le diaporama ci-dessous.

À vous de jouer !

Testez votre culture rythmique

 Les chansons en entier sont ici : Natasha Atlas / Leon Redbone

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05 juillet 2013

Morceaux choisis (3)

 

Morceaux choisis précédents : (1) (2)

L'invitation au voyage, de Charles Baudelaire.

apres_restauration

 

La musique du diaporama est Nochas buenas, de Esther Lamandier.
Les peintures sont de Félix Ziem (1821-1911), dont une exposition a lieu au Petit Palais à Paris jusqu'au 4 août.

 

 

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


 

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03 juillet 2013

La Cigale et la Fourmi en API

 

     L'enseignement se réfère depuis quelques décennies aux "besoins de l'apprenant". Je ne comprends donc pas pourquoi l'on persiste à faire apprendre aux enfants français du primaire (souvent en CE1, c'est-à-dire à 7 ans !) cette fable de La Fontaine dans laquelle le lexique (dépourvue, bise, vermisseau...) et les structures (participe passé, passé antérieur, ne vous déplaise...) me semblent si sophistiqués, d'un usage disparu ou presque et si peu adéquats à leur niveau. Voir les enfants mémoriser, souvent dans la douleur, un texte dont ils ne maîtrisent pas les contenus qui ne leur serviront que très exceptionnellement, m'attriste toujours... Alors pourquoi ? Parce que les personnages sont des animaux ? Par pure tradition littéraire ? Ne pourrait-on pas au moins, au nom de la difficulté de ce texte, en différer le travail de quelques années ?

Je trouve tout aussi incompréhensible de faire travailler cette fable en FLE pour les mêmes raisons de complexité. Et si l'argument personnages / animaux séduisants pour les enfants ne tient plus, il ne reste que l'intérêt littéraire... Mais rien de très fonctionnel dans tout cela !

Je vois que certains accèdent au blog en cherchant une transcription phonétique de cette fable. Elle est en effet déjà évoquée dans un extrait du périodique "Le Maître Phonétique", cité dans un précédent message.

Pour répondre à cette demande, en voici donc une version complète en orthographe et Alphabet Phonétique International, transcription faite à partir de l'écrit (et non d'après un enregistrement / une prononciation particulière). J'utilise donc les archiphonèmes pour les voyelles d'aperture moyenne en syllabe inaccentuée (voir (1) (2) (3)).

Merci de me signaler toute erreur de transcription !

 

La Cigale et la fourmi              [lasigal / elafuʁmi //


La Cigale, ayant chanté              lasi'gal / Ejɑ̃ʃɑ̃'te /
Tout l'été                                     tule'te/
Se trouva fort dépourvue            sŒtʁu'va / fɔʁdEpuʁ'vy /
Quand la bise fut venue :            kɑ̃la'biːz / fyvŒ'ny //
Pas un seul petit morceau          pazɛ̃'sœlpŒtimɔʁ'so /
De mouche ou de vermisseau.   dŒ'muʃ / udŒvɛʁmi'so //
Elle alla crier famine                   ɛla'lakʁiefa'min /
Chez la Fourmi sa voisine,         ʃelafuʁ'mi / savwa'zin /
La priant de lui prêter                 lapʁi'ɑ̃ / dŒlɥipʁE'te /
Quelque grain pour subsister     kɛlkŒ'gʁɛ̃ / puʁsybzis'te /
Jusqu'à la saison nouvelle.        ʒyskalasɛzõnu'vɛl //
"Je vous paierai, lui dit-elle,       ʒŒvupE'ʁE / lɥidi'tɛl /
Avant l'Oût, foi d'animal,             avɑ̃'lut / fwadani'mal /
Intérêt et principal. "                   ɛ̃tE'ʁɛ / epʁɛ̃si'pal //
La Fourmi n'est pas prêteuse :  lafuʁ'mi / nEpaspʁE'tøːz //
C'est là son moindre défaut.      sE'la / sõmwɛ̃dʁŒde'fo //
Que faisiez-vous au temps chaud ?   kŒfŒzje'vu / otɑ̃'ʃo /
Dit-elle à cette emprunteuse.     di'tɛl / asɛtɑ̃pʁɛ̃'tøːz //
- Nuit et jour à tout venant          nɥite'ʒuʁ / atuvŒ'nɑ̃ /
Je chantais, ne vous déplaise.    ʒŒʃɑ̃'tɛ / nŒvude'plɛ:z //
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.  vuʃɑ̃'tje / ʒɑ̃sɥifɔʁ'tɛːz //
Eh bien! dansez maintenant.      e'bjɛ̃ / dɑ̃'se / mɛ̃tŒ'nɑ̃ // ]

La_cigale_et_la_fourmi_illustration_dore

(La Cigale et la Fourmi, illustration de Gustave Doré)

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02 juillet 2013

Encore [ɑ̃] !

 

     Pourquoi [ɑ̃] toujours et encore ? (voir les autres messages traitant des voyelles nasales (1) (2) )

Parce que [ɑ̃] est probablement la voyelle nasale la plus difficile à maîtriser.
[ɛ̃] est simplement fermé et étiré, [ɔ̃] est simplement fermé et arrondi.

Mais [ɑ̃], qui doit s'opposer aux deux autres voyelles nasales est :
- ouverte, contrairement à [ɛ̃] et [ɔ̃],
- avec les coins de la bouche resserrés, pour s'opposer au sourire de [ɛ̃],
- les lèvres plutôt protuses, pour s'opposer au resserrement de [ɔ̃].
On voit la complexité articulatoire...

Ce n'est pas tellement plus simple du côté acoustique... [ɛ̃] est aigu, [ɔ̃] est grave, [ɑ̃] est aussi plutôt grave, mais bien moins grave que [ɔ̃]...

Sans compter avec "Non" prononcé [nɔ̃] ou [nɑ̃], et les jeunes qui ont tendance à fermer / assombrir [ɑ̃] : "les parents " [lepa'ʁɔ̃]...

Pour s'entraîner, La lune blanche, de Paul Verlaine.

La lune blanche / Luit dans les bois ;
De chaque branche / Part-une voix / Sous la ramée...
Ô bien-aimée.

L'étang reflète, / Profond miroir,
La silhouette / Du saule noir / Où le vent pleure...
Rêvons, c'est l'heure.

Un vaste-et tendre / Apaisement
Semble descendre / Du firmament / Que l'astre-irise...
C'est l'heure exquise.

La musique du diaporama est le célèbre Clair de lune de Claude Debussy, interprété par les Swingle Singers.

[ɑ̃] La lune blanche - Paul Verlaine

 

 

 

 

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26 juin 2013

"e" muet et prononcé

Comment prononcez-vous  : « Une fenêtre » ?

1. [ynfœ'nɛtʁ] (comme peur)  ou  2. [ynfø'nɛtʁ] (comme peu)?

Attribuez-vous à la prononciation qui n’est pas la vôtre
une origine régionale ou étrangère ?
(
La réponse attendue est « Non ! »).

IMG_2833

 

Mais peut-être pensez-vous dans ce cas précis prononcer une voyelle différente de [œ] ou [ø] ? Un timbre intermédiaire entre ces deux voyelles (comme expliqué dans un message précédent, puisque l’on est en syllabe inaccentuée) ? Ou peut-être pensez-vous au symbole [ə] que vous rencontrez dans les dictionnaires, et que vous connaissez sous le nom de « e caduc », « e muet », « e instable » ou sous sa terminologie phonétique très prisée des étudiants : « le schwa » (c’est le nom du symbole phonétique [ə]) ? Mais votre prononciation de [ə] diffère-t-elle réellement de [œ][ø] ou d’un timbre intermédiaire entre ces deux voyelles antérieures arrondies ?

[ə]

Dans « Que faire de la graphie “e” ? » (Le français dans le monde, n°318, nov-déc. 2001, pp. 32-33), François Wioland écrit :

« La transcription par [ə] employée habituellement donne à penser qu’il pourrait s’agir d’une prononciation particulière […] Au plan strictement phonétique, cette représentation est trompeuse car elle correspond à une voyelle centrale non labialisée (« e » central) qui n’existe pas dans le système français. Lorsque cette voyelle inaccentuée est prononcée, elle est réalisée labialisée et antérieure (son [Œ]).

En réalité tout se passe comme si le symbole [ə] était systématiquement attribué à la graphie « e », qu’elle soit prononcée ou qu’elle soit muette. C’est dire combien cette représentation n’est en rien comparable aux autres transcriptions vocaliques. Elle ne se situe pas sur le même plan et il est didactiquement préjudiciable de la présenter sur le même plan que les voyelles qui sont accentuables. L’apprenant retient à l’usage qu’il s’agit d’une voyelle qui peut devenir muette d’une façon qui lui paraît le plus souvent aléatoire tout en constatant très vite qu’on ne lui dit pas comment la prononcer lorsqu’elle se prononce […]

Or ce qui importe au plan didactique c’est de savoir :

- d’une part comment prononcer cette voyelle lorsqu’elle n’est pas muette, comme par exemple dans le mot phonétique « vendredi » ? Réponse : par [Œ] au même titre que les autres voyelles d’aperture moyenne [E] et [O] en syllabe inaccentuable et certainement pas par [ə] qui ne dit rien de clair sur sa prononciation […]

- d’autre part comment prononcer les consonnes mises en contact par l’amuïssement de cette voyelle ? […]

Quant à la question de savoir pourquoi cette graphie « e » est parfois prononcée, parfois muette, la réponse ne peut être donnée que dans un contexte rythmique et phonétique (les structures syllabiques et les suites de consonnes). »

 

Rappel

Le symbole [ə] est utilisé dans les transcriptions phonétiques par tradition, et il est attribué à la graphie « e », dans la plupart des cas pour marquer son potentiel effacement : « C’est le petit » prononcé [sEləpə'ti] ou [sElə'pti] ou [sElpə'ti]. Mais on utilise aussi ce symbole pour transcrire la graphie « e » dans des mots dans lesquels il ne peut être effacé (ex : « Mercredi » [mɛʁkʁə'di]). Dans les deux cas (potentiellement effaçable ou non) sa réalisation est sujette à d’importantes variations de [œ] à [ø] sans que l’on puisse leur attribuer une marque d’accent régional ou étranger.

L’usage de l’archiphonème [Œ], de [ø] et [œ] au besoin, est donc suffisant en FLE. Quand elle est prononcée, cette voyelle l’est complètement comme n’importe quelle autre voyelle, avec le même rythme syllabique que les autres syllabes inaccentuées du groupe rythmique : « Un appartement » [ɛ̃-na-paʁ–tŒ-'mɑ̃] et non pas *[ ɛ̃-na-paʁ–tə-'mɑ̃].

 

 

Quand la lettre « e » n’est-elle pas prononcée ?

La présence ou l'absence de « e » dépend du niveau de discours du locuteur (moins d’effacements en registre soutenu), du débit (moins d’effacements en débit lent), de l'expressivité (les mamans effacent peu cette voyelle dans les consignes à leurs enfants : « Je ne veux pas que tu le refasses ! »), de l'origine régionale du locuteur (par exemple le « e » final est prononcé en français méridional, sous une forme allant de [œ] à [ɒ]).

En français standard, la présence ou l'absence de la voyelle dépend de la position qu'elle occupe dans le mot.

• « e » n’est pas prononcé en finale de mot : une chais(e), la Franc(e). Il permet la prononciation de la consonne précédente (petit / petite). Il n'y a que dans les chansons et parfois en poésie que le « e » est prononcé en finale de mot ("Douce France" de Charles Trénet : [dus-fʁɑ̃s] en parole mais [du-sə-fʁɑ̃-sə] dans la chanson ; "Frère Jacques" : [ɛʁ-ʒak] en parole, mais [ɛ-ʁə-ʒa-kə] dans la chanson.)

• « e » est prononcé en finale à l'impératif. Par exemple : Dis-le !, Répète-le !

• « e » est généralement prononcé en tout début d'énoncé. Par exemple : Que dis-tu ?, Ne dis rien, Le film, mais Je n(e) dis rien, T’as vu l(e) film ?

Mais « e » n’est souvent pas prononcé en tout début d'énoncé avec Je : le pronom est alors réalisé soit [ʒ] soit [ʃ] en assimilation avec la consonne suivante, sonore ou sourde. Par exemple : J(e) viens [ʒvjɛ̃], J(e) pars [ʃpaʁ].

• Dans les phrases contenant une succession de mots monosyllabiques avec « e », il est alternativement absent / présent. Par exemple : Je ne te le redis pas ? soit [ʒŒ-ntŒ-lʁŒ-di-pa], soit [ʒnŒ-tlŒ-ʁdi-pa].

• Dans certains groupes de mots fréquents, la prononciation de « e » est invariable..
Je ne ... ex : Je n(e) viens pas. [ʒŒn - vjɛ̃-pa].
... de ne... ex : Dis-lui de n(e) pas faire ça ! [di-lɥi-dŒn-pa-fɛʁ-sa].
Je te... ex : J(e) te dis que non. [ʃtŒ-di-knɔ̃].
... ce que...  ex : C'est c(e) que je dis ! [sɛ-skŒ-ʒdi].
... parce que… ex : Parc(e) que tu le dis ! [paʁ-skŒ-ty-ldi]

 

Enfin la présence ou l'absence de « e » à l'intérieur d'un groupe dépend du nombre de consonnes qui l'entourent. Par exemple en japonais, on ne trouve pas deux consonnes qui se suivent : c’est pour cela que les Japonais prononcent "MacDonald" avec une voyelle d'appui entre chaque consonne [ma-kɯ-do-na-lɯ-dɯ]. En français, la loi des trois consonnes représente une simplification facile et qui couvre bon nombre de réalisations. En général, le « e » est prononcé si son effacement provoque la juxtaposition de trois consonnes : la p(e)tite chaise [la-ptit-ʃɛz] mais cette petite chaise [sɛt-pŒ-tit-ʃɛz] , car *[sɛtptit- ʃɛz] est impossible avec une suite de trois consonnes..
Exemples : Sam(e)di [sam-di], mais vendredi [vɑ̃-dʁŒ-di] car *[vɑ̃-dʁdi] est impossible..
Attention ! : les semi-consonnes sont comptées comme des consonnes..
Rapid(e)ment, mais simplement ; sans l(e) cahier , mais avec le cahier ; la s(e)maine, mais une semaine..
Le « e » est maintenu lorsqu'il apparaît précédé de deux consonnes et suivi d'une autre.

Cette règle des trois consonnes n'est pas respectée lorsque le « e » est précédé d'une seule consonne et suivi de deux, formant un groupe de consonnes courant en français comme [pʁ], [tʁ]….
Exemples : Tu le prends ? [ty-lpʁɑ̃], dans ce train [dɑ̃stʁɛ̃], pas de fruits [pa-dfʁɥi], la reprise [la-ʁpʁiz], et même quatre francs [kat(ʁ)-fʁɑ̃]...

En bref, l’amuïssement de « e » reconstruit la syllabe et met en contact les consonnes, constituant de nouveaux groupes représentant parfois des difficultés.

 

*** Bonus ***

 

La lettre « e » est la plus fréquente à l'écrit en français (15%), loin devant s, a, i, t, n (entre 7 et 8% chacun), sans compter é (2%), é et ê (respectivement 0,3 et 0,2%). Le graphème e a des réalisations phonétiques diverses [ø, œ, e, ɛ] mais aussi [ɛ̃, ɑ̃, o].

Georges PEREC (1936-1982) a fait le pari d'écrire un lipogramme en e, c’est-à-dire un texte (un roman de 300 pages !) dans lequel la lettre e est totalement absente (alors qu'il y a 27 e dans les trois dernières lignes de ce texte) : le titre de cet exercice de virtuosité littéraire est La Disparition (Edition Denoël, 1969). En voici quelques lignes :

"Anton Voyl n'arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa un profond soupir, s'assit dans son lit, s'appuyant sur son polochon. Il prit un roman, il l'ouvrit, il lut ; mais il n'y saisissait qu'un imbroglio confus, il butait à tout instant sur un mot dont il ignorait la signification."

   

Quelques années plus tard, PEREC produit un texte intitulé Les Revenentes (Editions Juliard, 1972), avec une faute d'orthographe (revenantes) car il s'agit ici de n'utiliser qu'une seule voyelle : le e ! C'est cette fois-ci un roman de 140 pages ! Voici un extrait de ce tour de force :

"Hélène crèche chez Estelle, près de New Helmstedt Street, entre Regent's Street et le Belvédère. "Défense d'entrer", me jette le cerbère. Sept pence le dégèlent et j'entre pépère.
Hélène est chez elle. Je prends le verre de schweppes qu'elle me tend et me trempe les lèvres. Je desserre mes vêtements et m'évente.
- Qel temps !
- Trente-sept degrés !
- C'est l'été.
Hélène me tend des kleenex. Je me sèche les tempes lentement.
- Prends le temps ! Ne te presse !
Elle semble se délecter, je sens qu'elle se réfrène, qu'elle espère entendre les événements récents ; en effet, prestement, elle me jette :
- Bérengère est chez l'évêque ?
- Yes.
- Excellent ! les événements se pressent !"

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25 juin 2013

Enchaînements et Liaisons

 

     Nous l’avons déjà maintes fois rappelé ici, le français enchaîne les mots à l’intérieur des groupes rythmiques, sans considération des limites physiques des mots écrits. À l’intérieur d’un groupe rythmique en français, « toutestattaché » [tu-tɛ-ta-ta-ʃe]. C’est pour cela que les enfants français, qui commencent à écrire, produisent : « sava » et « jetèm » car à l’oral, la frontière entre les mots d’un groupe rythmique n’est pas marquée. Cela donne une impression unie, liée, souvent décrite comme agréable par les oreilles non-natives. Ce ne sont pas les mots que l’on entend, mais des paquets de mots prononcés ensemble : les groupes rythmiques.

                      

Les voyelles juxtaposées dans un groupe rythmique s’enchaînent : c’est ce qu’on appelle l’enchaînement vocalique. Ex : Tu as été à Tahiti ? [ty-a-e-te-a-ta-i-ti] et non pas *[ty#a#e-te#a-ta#i-ti].

Les consonnes prononcées en finale de mots forment syllabe avec la voyelle qui suit - si le mot suivant commence par une voyelle : c’est ce qu’on appelle l’enchaînement consonantique. Ex : Avec lui ou avec-elle ? [a-vɛk-lɥi /u-a-vɛ-kɛl] et non pas *[a-vɛk # ɛl] Une minute ou une-heure ? [yn-mi-nyt / u-y-nœR] et non pas *[yn # œR].

Enfin, des consonnes finales muettes dans le mot isolé sont prononcées en formant syllabe si le mot suivant commence par une voyelle : c’est la liaison. Ex : Un p(e)tit copain, un p(e)tit Tami. [ɛ̃-pti-kO-pɛ̃ / ɛ̃-pti-ta-mi] Un professeur, un Nétudiant [ɛ̃-pRO-fE-sœR / ɛ̃-ne-ty-djɑ̃].

Enchaînements et liaisons sont réalisées À L’INTÉRIEUR DU GROUPE RYTHMIQUE. Voilà encore une preuve de l’importance fondamentale de cette notion en français, pourtant si souvent négligée. Le groupe rythmique est défini par sa syllabe accentuée, dernière syllabe du groupe.

Pourtant, dès 1914, Maurice GRAMMONT écrit dans La prononciation française, Delagrave, (p.129) :

« La difficulté est de savoir dans quels cas il faut lier et dans quels cas on doit s’en abstenir. La règle générale est fort simple : on lie à l’intérieur d’un élément rythmique, on ne lie pas d’un élément rythmique au suivant. Autrement dit : on lie d’une syllabe inaccentuée sur la suivante, on ne lie pas la syllabe accentuée. »

Tout dépend donc du découpage en groupes rythmiques.

On le sait, plus les conditions de communication sont difficiles, plus on a intérêt à produire des groupes rythmiques courts, afin d’assurer la meilleure compréhension possible de son message. On peut dire : « Le bureau est ouvert de 14h à 16h30 », en un seul grand groupe rythmique (c’est la façon dont le dirait quelqu’un n’accordant aucune importance à la transmission du contenu, en délivrant l’information de manière quasi automatique). On peut aussi découper ce message en éléments minimaux afin d’assurer au maximum sa compréhension : « Le bureau / est ouvert / de 14h/ à 16h30 ».

Ce découpage en éléments minimaux correspond à un découpage grammatical (on parle de découpage syntaxico-prosodique) : groupe nominal, groupe verbal, groupe prépositionnel… C’est à l’intérieur de chacun de ces groupes qu’apparaissent les liaisons. C’est cette règle simple qu’il faut comprendre et appliquer. Il n’est pas possible de mémoriser les règles détaillées (voir ci-dessous) pour les mettre en œuvre. Par contre,/ on peut comprendre / qu’il faut tout Tattacher/ à l’intérieur / d’un groupe rythmique / et prendre l’habitude / de pratiquer / l’enchaînement / et la liaison /dans tous les groupes rythmiques,/ même minimaux.// Par exemple, en présentant TOUJOURS les lexèmes avec des déterminants (masculin ou féminin au singulier – un/son/mon Nami, une-amie, et pluriel – des Zamis) et non isolés « ami, amie ».

Vous voulez déjà des exercices? En voici ici

Vous l’aurez compris : il ne me semble pas du tout bénéfique de transmettre d'emblée "les règles" aux apprenants (il y a de quoi se décourager avant même de commencer...) Peut-être aux niveaux avancés aptes à aborder sans s'effrayer une synthèse du fonctionnement détaillé de la liaison en français… Il me semble bien plus intéressant de faire observer les enchaînements et les liaisons à partir de corpus segmentés en groupes rythmiques minimaux, d'établir des hypothèses, des règles intermédiaires... L'enseignant doit par contre parfaitement maîtriser l'enchaînement et la liaison afin de confirmer ou d'infirmer les hypothèses faites par les apprenants...

Voici donc les « règles », à l'usage des enseignants. La liaison est réalisée :

À l’intérieur du groupe nominal 

- après le déterminant : + substantif (lesZenfants, desZamis), + adjectif (lesZanciens modèles), + pronoms (lesZuns, lesZautres) ;

- après l’adjectif : + substantif (le dernierRétage, un grosZeffort, aucunNintérêt)

(La liaison après un substantif pluriel est facultative : lesZétudiantsZaméricains).
(La liaison après un substantif singulier est interdite : unNétudiant#américain);

 

À l’intérieur du groupe verbal

- après le pronom personnel : + verbe (vousZavez, ilsZarrivent), + en/y + verbe (onNy va, nousZen venons)

- après le verbe : + pronom (que veutTil ? allonsZy !), + pronom personnel + en/y (allez vousZen !)

(La liaison après les verbes est facultative, car deux découpages sont alors possibles : il est(T)ici, ils sont(T)arrivés, je vais(Z)essayer, vousZêtes(Z)invité)

 

À l’intérieur d’autres groupes

 - après un adverbe ou une préposition d’une seule syllabe : plusZaimable, enNhiver, trèsZamoureux, toutTentier, chezZelle, quandTil vient…)

La liaison est interdite : entre deux groupes rythmiques (Les amis#arrivent à midi), avant et après ET et OU ( du pain#et#un verre d’eau), après les mots interrogatifs (combien#as-tu ? quand#arrive-t-il ?), après les pronoms sujets dans une interrogative par inversion (SontTils#arrivés ?), après les noms propres (Julien#a téléphoné), et après un « h aspiré » (voir plus bas).

 

L’usage de la liaison est aussi un marqueur de prestige : plus le registre est formel, plus on trouve de liaisons. Plus le registre est formel, plus les groupes rythmiques sont longs et donc permettent plus de liaisons. (Voir le cas particulier de la liaison sans enchaînement).

Expressions figées avec liaison : accentTaigu, avant-Thier, commentTallez-vous ?, de hautTen bas, de mieuxZen mieux, de moinsZen moins, de plusZen plus, de tempsZà autre, de tempsZen temps, du potTau feu, les ChampsZElysées, les EtatsZUnis, motTà mot, nuitTet jour , petitTà petit, sousZentendu, tantTet plus, toutTà coup, toutTà fait, toutTà l’heure, toutTau moins, toutTau plus, un sousZofficier, vis-Zà-vis, …

Expressions figées sans liaison : nez#-à-nez, mort#ou vif,…

Graphie : sur les cinq consonnes de liaison ([z, t, n, R, p]), seules les deux les plus fréquentes présentent plus d’une graphie. Données et exemples tirés de WIOLAND, 1991 :

[z] (49%)       (s) les EtatS-Unis,      (x) Un fauX ami     (z) AlleZ-y ! 

[t] (28,2%)      (t) TouT éveillé,          (d)Un granD espoir.

[n] (22,5%)     (n) EN attendant.

[R] (0,25%)     (r) Un premieR emploi.

[p] (0,05%)     (p) TroP ému.

 

Le "h aspiré": ce terme décrit le graphème lorsqu’il marque l’impossibilité à l’oral de lier la consonne précédente à la voyelle suivante avec une consonne de liaison ou un enchaînement consonantique. Il interdit dans ce cas l’élision et produit un enchaînement vocalique.

Il n’existe malheureusement pas de règle permettant de distinguer les mots ne présentant pas de « h aspiré » (les heures, les hommes, un hôtel) et les mots présentant un « h aspiré » (les#Halles, un#héros).

Quand ces mots apparaissent en classe, il est important de les traiter immédiatement à l'oral dans des énoncés, en faisant varier le contexte, pour donner à entendre et faire pratiquer afin de les mémoriser.

Le Bon Usage de Grévisse liste 135 mots, comme les principaux commençant par « h aspiré ». Voici ceux qui nous semblent les plus courants (en gras les indispensables) :

un H, une #hache, une #haie, quelle #haine !, elle va les #haïr, dans un #hall, les #Halles, une #halte, un #hamac, un #hameau, un #hamster, une #hanche, un #handicap, les #handicapé(e)s : [souvent lié], un #hangar, ils #hantent (hanter), ils #happent (happer), un #happy end, c’est #harassant, tu es #hardi !, un #harem, un #hareng, quelle#hargne !, un #haricot, les# haricots : [souvent lié], une #harpe, les #hasards de la vie, en #hâte, en #haut (≠ enNeau), un #havre de paix, les #héros (≠ les zéros), les #hêtres du jardin (≠ lesZêtres), de petits #heurts, un #hibou, c’est #hideux, un #hippie, ils #hissent (hisser), un #hobby, les #hockeyeurs, en #Hollande, des #homards, en #Hongrie, quelle#honte !, un #hoquet, les #hors-la-loi, une #housse, un #houx, les #hublots, ils #huent (huer), Ils #hurlent (hurler) : [parfois lié], un # hurlement, une #hutte.

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