15 mai 2013

La consonne R en français (3)

Rappel des épisodes précédents (du plus facile au plus difficile)

1. R en finale absolue après voyelle ; "Elle part", "Il est mort".

2. R + Consonne #  : "Ils partent", " Elle est morte".

2bis. R + Consonne : "Il est parti".

3. R en position intervocalique (entre deux voyelles): "Le garage" mais aussi avec l'enchaînement "encore une", "par hasard".

-----------------

Il reste à voir deux positions de R dans lesquelles son articulation peut poser des difficultés :

• [R] en position initiale d'énoncé. Il n'y a alors plus d'appui vocalique. "Reviens !", "Refais-le !", "Rouge", "Rien !"

Les prénoms : Romane, Roxanne, Rose, Rachel, Rosalie, Raphael, Robin, Richard, Rachid, Romaric, Renaud, Robert, Romain, Rémi...

R initial - L'appel

Les villes : Rennes, Reims, Rouen, Roubaix, Rambouillet, Rochefort, Roanne, Romainville, Roissy, Rodez, Royan...

Le RE / R- de réitération : refaire, redire, revoir, reprendre, remettre, recommencer, revenir, repartir, recopier, remonter, redescendre, recharger, recoller, recoiffer, rejouer, repeindre, replier..., racheter, rhabiller, rapporter, remporter, ramener, remmener, rallumer, rallonger, rappeler, rendormir,...

 

Je ne résiste pas à proposer un document peut être difficile mais créatif et susceptible de générer une activité. Il s'agit de la chanson des Frères Jacques "Monsieur Lepetit le chasseur" (extrait de l'album De "l'entrecôte"... à "la confiture"). Dans cette chanson, le R de réitération est comiquement surexploité, proche du virelangue :

La femme du chasseur / accueille son amant /Bonjour mon grand
La femme du chasseur / Raccueille son Ramant /Rbonjour mon Rgrand

Ils prennent du café / avec des croissants / Ils s(e) font des baisers /
Et ils sont contents/ Taïau Taïau Taïau
Ils Rprennent du Rcafé / avec des Rcroissants / Ils R(se) font des Rbaisers /
Et ils Rsont Rcontents/ RTaïau RTaïau RTaïau
 

J'ai Ralenti de 20% le tempo de la chanson...

R de réitération - Les Frères Jacques

 

 

 

Dernière position à travailler : [R] après consonne. C'est généralement le cas le plus difficile, pour au moins deux raisons : d'abord le R dans cette position est plus tendu ce qui amène souvent l'apprenant à revenir aux caractéristiques du R de sa langue maternelle ; ensuite le R connaît particulièrement dans cette position une variation en fonction de la consonne qui le précède suivant le phénomène d'assimilation. Le R est sourd au contact d'une consonne sourde (dans les groupes pR, tR, kR, fR, sR...) alors qu'il est sonore au contact d'une consonne sonore (dans les groupes bR, dR, gR, vR, zR...). On travaillera R :

- soit dans une rencontre consonantique : "cette remarque", "avec rapidité",...

- dans les groupes consonantiques d'abord sourds ("Le prix ?", "Très !", "Trop !", "Crie !", "Il fait frais" ...) , puis sonores ("Mon bras", "Des draps", "C'est gras !", "C'est vrai"...) Ce dernier cas représente pour beaucoup le maximum de difficulté.

 

Dernier exercice récapitulatif de la leçon consacrée à R du manuel D'accord (Carduner, Hagiwara, 1982)

 

Question de transcription

Les symboles de l'Alphabet Phonétique International pour R français sont : [ʁ] quand il est sonore, [χ] quand il est sourd. Il s'agit des deux symboles des fricatives uvulaires (cf. tableau des consonnes de l'API). Pour d'évidentes raisons de simplification, on utilise abusivement R pour transcrire ce son : c'est ce que j'ai fait moi-même dans les trois messages traitant de cette consonne, en omettant néanmoins soigneusement l'usage des crochets phonétiques strictement réservé aux symboles API. Car [R] en API décrit un trille uvulaire, c'est-à-dire un R roulé dans la gorge, comme dans certaines chansons de Piaf, dit aussi R grasseyé.

 

Conclusion

R est la consonne la plus fréquente en français, il est donc important de bien la prononcer. R se rencontre dans des positions et contextes divers dans le mot, ce qui représente différents niveaux de difficulté. Ce n'est donc jamais R qui pose problème en général, mais R dans certaines positions ou contextes particuliers qu'il faut connaître pour concentrer son effort. Par exemple, R en position finale absolue ne pose pratiquement problème pour personne, quelques minutes d'entraînement suffisent généralement à le maîtriser, et quelques heures de travail pour le fixer. C'est une bonne entrée pour commencer à apprivoiser cette consonne indispensable étape par étape.

Posté par fonetiks à 11:49 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


10 mai 2013

Les sons et les syllabes fréquents en français

Dans Prononcer les mots du français (Hachette, 1991), François Wioland donne un grand nombre d'informations passionnantes sur la fréquence des sons et des syllabes en français, tirées "d'échantillons représentatifs qui totalisent 200.000 phonèmes" que j'utilise souvent en cours (entre autres pour la construction de logatomes) et que je reprends ici.

 

DSC07052

 

Fréquence d'occurence des phonèmes dans le discours

Consonnes : /R/ (7,25%), /s/ (6%), /l/ (5,63%), /t/ (5,33%), /k/ (4,06%), /d/ (4,03%), /m/ (3,84%), /p/ (3,71%), /n/ (3,09%), /v/ (2,75%), /j/ (2%), /ʒ/ (1,66%), /z/ (1,53%), /f/ (1,4%), /w/ (1,4%), /b/ (1,31%), /ʃ/ (0,53%), /ɥ/ (0,51%), /g/ (0,47%) : Total = 56,55%

Voyelles : /E/ (/e/+/ɛ/) (10,6%), /a/ (8,55%), /i/ 5,12%, /Œ/ (/ø /+/œ/) (4,31%), /O/ (/o/+/ɔ/) (3,36%), /ɑ̃/ (3,09%, /u/ (2,43%), /ɔ̃/ (2,25%), /y/ (1,9%), /ɛ̃/ (1,84%) : Total 43,45%.

"Les mots les plus fréquents dans le discours sont des monosyllabes comme [a] (la préposition "à" et le verbe avoir "a"), [e] ("et"), [la] ("la"), [dŒ] ("de", transcrit ici avec l'archiphonème [də] / [dœ] ou [dø]) , [sE] ("c'est", transcrit ici avec l'archiphonème [sɛ] ou [se]) pour ne citer que les premiers, qui se situent toujours à l'intérieur d'une unité rythmique."

 

 

Syllabes les plus fréquentes
(1 : syllabes CV ; 2 : syllabes CCV ; 3 : syllabes CVC )

/i/ : 1. [si], [di], [ki], [wi]
2. [pɥi], [lɥi], [sɥi], [ski], [pRi]
3. [diR], [kil], [tiR], [mil], [sil], [til], [dit], [tiR], [ziR], [niR]

/y/ : 1. [dy], [ty]
2. [ply]
3. [syR], [tyR], [tyn]

/E/ : 1. [sE], [lE], [tE], [dE], [nE], [ʒE]
2. [pRE], [tRE]
3.
[fɛR], [kɛl], [pɛR], [sɛR], [mɛm], [tɛR], [sɛt], [vɛk]

/Œ/ : 1. [dŒ], [kŒ], [ʒŒ]
2. [skŒ], [tRŒ]
3. [lœR], [tœR], [jœR]

/a/ : 1. [la], [pa], [sa]
2. [mwa], [vwa], [kwa], [tRa], [lja]
3. [paR]

/O/ : 1. [kO], [vO], [pO], [nO], [tO]
2. [pRO], [tRO], [sjO]
3. [lɔR], [kɔm], [kɔR], [pɔR], [fɔR]

/u/ : 1. [vu], [tu]
2. [ʒvu], [tRu], [gvu]
3. [puR], [ʒuR]

/ɛ̃/ : 1. [bɛ̃], [tɛ̃], [sɛ̃], [zɛ̃]
2. [bjɛ̃], [tjɛ̃]
3. [kɛ̃z], [vɛ̃t]

/ɑ̃/ : 1. [mɑ̃], [dɑ̃], [tɑ̃]
2. [lmɑ̃], ([fRɑ̃]), [pRɑ̃], [tRɑ̃], [dmɑ̃]
3. [sɑ̃t], [pɑ̃s], [mɑ̃d], [fɑ̃s], [sɑ̃s], [Rɑ̃t], [tɑ̃t], [kɑ̃t]

/ɔ̃/ : 1. [nɔ̃], [kɔ̃]
2. [sjɔ̃]
3. [dɔ̃k], [kɔ̃t]

 Ce sont ces syllabes fréquentes qui ont été enregistrées dans le diaporama ci-dessus. Dans le cas des archiphonèmes /E/, /Œ/, /O/, la tendance générale du français a été suivie : phonèmes ouverts en syllabe fermée, phonèmes fermés en syllabe ouverte.

 Merci à Karen, Emmanuelle, Emile, Olivia, Sophie et Cléo pour leur participation.

Posté par fonetiks à 15:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 mai 2013

Rythme : l'alexandrin

J'ai eu récemment l'occasion de travailler avec une comédienne japonaise sur l'alexandrin dans le théâtre classique. Si la langue de l'alexandrin est souvent difficile, sa pratique constitue un excellent exercice phonétique puisque le cadre rythmique est contraint. Et la comédienne a rapidement pris beaucoup de plaisir et d'assurance à entrer dans cette régularité rythmique "comme on entre dans une danse"... avant d'envisager la casser pour redonner la priorité à son jeu.

L'alexandrin est un vers de douze syllabes, le plus souvent composé de deux hémistiches de six syllabes chacun. C'est ainsi qu'il est présenté par Nicolas Boileau qui en a été un fervent promotteur dans L'art poétique (1674).

Extrait de : De tous les animaux... (Satire VIII), de Nicolas Boileau.

Les "e" prononcés sont soulignés. Entre parenthèses, une proposition de découpage, correspondant à l'enregistrement du diaporama.

(À M. M., docteur de Sorbonne)

De tous les animaux qui s’élèvent dans l’air, (6/6)
Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, (6/6)
De Paris au Pérou, du Japon jusqu’à Rome, (6/3/3)
Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme. (6/4/2)
Quoi ! dira-t-on d’abord, un ver, une fourmi, (1/5/2/4)
Un insecte rampant qui ne vit qu’à demi, (6/6)
Un taureau qui rumine, une chèvre qui broute, (6/6)
Ont l’esprit mieux tourné que n’a l’homme ? Oui sans doute. (6/3/1/2)
Ce discours te surprend, docteur, je l’aperçoi. (6/2/4)
L’homme de la nature est le chef et le roi : (6/3/3)
Bois, prés, champs, animaux, tout est pour son usage, (1/1/1/3/6)
Et lui seul a, dis-tu, la raison en partage. (3/1/2/6)
Il est vrai de tout temps, la raison fut son lot : (3/3/3/3)
Mais de là je conclus que l’homme est le plus sot. (3/3/2/4)

 

Le diaporama est illustré d'œuvres issues de la série Bestiario de l'artiste numérique italien Francesco Sambo.


Posté par fonetiks à 22:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 mai 2013

Les listes de Cléo (6)

Voici une liste des moyens de transport proposée par Cléo et Nina. Et si l'usage fait que l'on se déplace EN transport, il faudrait distinguer les véhicules fermés dans lesquels on monte (EN voiture, En bus, ...) et les véhicules ouverts que l'on chevauche (À cheval, À vélo, ...). Mais Nina n'échappe pas à la force de l'usage ....

Avec des extraits de La complainte de l'heure de pointe de Joe Dassin, et En rentrant de l'école de Prévert et Kosma, interprété par les Frères Jacques.

[lE'listŒdŒ *kle'o // lEtʁɑ̃s'pɔʁ //
a'pje / a'pje // lŒ'bys / ɑ̃'bys // lŒme'tʁo / ɑ̃me'tʁo //  lavwa'tyʁ / ɑ̃vwa'tyʁ // lŒtak'si / ɑ̃tak'si // lŒve'lo / ɑ̃ve'lo / ɑ̃ve'lo u ʔave'lo // lŒʁO'lœʁ / ɑ̃ʁOl'œʁ / ɑ̃ʁOl'œʁ u ʔaʁO'lœʁ // latʁoti'nɛt / ɑ̃tʁoti'nɛt / ɑ̃tʁoti'nɛt u ʔatʁoti'nɛt // lŒ'skɛɪt / ɑ̃'sket / ɑ̃'skɛɪt u ʔa'skɛɪt // lamo'to / ɑ̃mo'to / ɑ̃mo'to u ʔamo'to // lŒsku'tœʁ / ɑ̃sku'tœʁ / ɑ̃sku'tœʁ u ʔasku'tœʁ // la'vjõ / ɑ̃na'vjõ // lŒ'tʁɛ̃ / ɑ̃'tʁɛ̃ // lŒtʁa'mwɛ / ɑ̃tʁa'mwɛ // lŒ'kaʁ / ɑ̃'kaʁ // lŒteʒe've / ɑ̃teʒe've // lŒba'to / ɑ̃ba'to // ]

Les listes de Cléo : les transports

02 mai 2013

Les listes de Cléo (5)

C'est devant le placard de vêtements de leurs parents que Cléo et Nina ont enregistré leur nouvelle liste : les vêtements ("... bah les habits !").


A partir de cette liste, on peut proposer de regrouper les mots présentant la même voyelle accentuée. Par exemple [y] dans : un pull, des chaussures, un costume, un pull à capuche, une jupe, une ceinture,... Par exemple [ɔ̃] dans : un caleçon, un pantalon, des chaussons. Ou les mots qui finissent par la consonne [R] (cf. "La consonne [R] en français (1)) : des chaussures, un peignoir, un tailleur, un foulard, une ceinture.

On peut aussi regrouper les mots par nombre de syllabes, par structure syllabique (syllabes accentuées ouvertes ou fermées),...

[le'listŒdŒ *kle'o // lEvɛtmɑ̃ //lEzabi
ɛ̃'pyl // ynʃŒ'miz // ɛ̃ti'ʃœːʁt // ɛ̃'slip // ɛ̃kal'sõ // ɛ̃mɑ̃'to // ɛ̃paʁa'plɥi // dEʃO'syʁ // dEʃO'sɛt // ynkʁa'vat // yn'vɛst // ɛ̃kOs'tym // ɛ̃pɑ̃ta'lõ // ɛ̃pO'lo // ɛ̃pylaka'pyʃ // ɛ̃bO'nE // yne'ʃaʁp // ɛ̃piʒa'ma // ynʃŒmizdɶ'nɥi // ɛ̃pE'ɳwaʁ // ɛ̃ʃŒmi'zje // yn'ʒyp // yn'ʁɔb // ɛ̃ta'jœːʁ // ɛ̃sutjɛ̃'gɔːʁʒ // ynky'lɔt // dEkO'lɑ̃ // ɛ̃saka'mɛ̃ // ɛ̃ʃa'po // ɛ̃fu'laʁ // dEbas'kɛt // ɛ̃'ʤin // ynsɛ̃'tyʁ // dEʃO'sõ //dEsɑ̃'dal // dE'bɔt // dE'gɑ̃ //]

Les listes de Cléo : les vêtements


30 avril 2013

Les listes de Cléo (4)

Pour présenter les couleurs, Cléo et Nina ont décrit leur boîte de feutres. Elles ont ajouté "la couleur..." avec la voyelle [œ], et "un feutre..." avec la voyelle [ø], deux voyelles qui représentent une difficulté pour de nombreux apprenants. De quoi s'entraîner !

Les listes de Cléo : les couleurs

28 avril 2013

Des liaisons de prestige ?

Cela aura été une marque d'oral caractéristique de Jacques Chirac (dont se sont servis tous ses imitateurs comiques), puis de bon nombre de politiques et c'est devenu aujourd'hui une marque d'oral propre à une catégorie sociale : les communicants de prestige. De quoi s'agit-il ? En termes phonétiques, il s'agit du phénomène de joncture rapporté à la liaison. Et plus particulièrement ici, il s'agit de la migration de la consonne de liaison dans sa syllabe d'origine, alors que la consonne de liaison est traditionnellement prononcée dans la syllabe suivante. Pierre Encrevé a avec justesse nommé le phénomène : la liaison sans enchaînement [ENCREVÉ, Pierre, 1988, La liaison avec et sans enchaînement, Paris : Seuil].

Exemple : "Il faut intervenir", prononcé en un seul groupe rythmique est communément syllabé de la façon suivante : il-fau-tin-ter-ve-nir. La consonne de liaison T appartient à la syllabe suivant le mot "faut", ce qui a pour conséquence de produire des syllabes ouvertes, c'est-à-dire des syllabes se terminant par une voyelle. Mais lorsqu'on marque une hésitation avant la liaison, il y a deux possibilités : ne pas faire la liaison, ce qui est  dévalorisant en termes de registre de langue, ou adopter l'habitude de prononcer les consonnes de liaison dans leur syllabe d'origine : "Il faute", "On doite", "Ils sonte", "Depuise"... en espérant que le mot suivant commence bien par une voyelle pour justifier la liaison d'emblée réalisée. Sinon, on s'approche du pataquès : "Ils sonte... persuadés". Ces liaisons sans enchaînement produisent des syllabes fermées (se terminant par une consonne), très largement minoritaires en français parlé.

La pratique des liaisons a toujours été liée aux registres de langue. Plus de liaisons = registre plus formel. Mais la donne moderne est plus complexe, on joue plus facilement avec la confusion des registres. On peut entendre "dans#une heure" prononcé sans liaison par des intervenants réguliers sur France Culture, alors que sur France Inter, Bernard Guetta prononce sa chronique quotidienne de géopolitique avec des liaisons dignes d'André Malraux.

Dans Le Français ordinaire, Françoise Gadet précise que la liaison sans enchaînement permet la combinaison de deux tendances contradictoires : effectuer une liaison (socialement valorisante) et faire porter l’accent d’insistance sur la première syllabe du mot (l'accent barytonique si prisé des communicants, évoqué dans d'autres messages de ce blog). On l'entend bien dans les extraits suivants.

Nous sommes loin de l'enseignement des liaisons en FLE et les spécialistes de la liaison sans enchaînement (LSE) sont allés bien plus avant dans la description et l'analyse du phénomène, mais c'est une interview du Docteur Irène Frachon entendue ce matin à la radio et présentant un excès de liaisons sans enchaînement qui est à l'origine de ce message...

Et vous, vouz... #Arrive-t-il de pratiquer la liaison sanz... # Enchaînement?

La liaison sans enchaînement

 

 

 

24 avril 2013

La consonne R en français (2)

Rappel : Dans le message précédent, nous avons vu que la consonne R se prononce SANS la pointe de la langue (contrairement au R roulé), mais AVEC un très léger recul de l'arrière de la langue. Nous avons pratiqué le R dans deux positions plutôt faciles :

1. Voyelle+R# :  "Je pars", "Il est mort" ;

2. Voyelle +R+Consonne#   : "Ils partent", " Elle est morte".

 

En exploitant ces paradigmes grammaticaux (on parle aussi de morpho-phonologie), on trouve :

Masculin / féminin : vert / verte - ouvert / ouverte - offert / offerte - expert / experte - désert / déserte - picard / picarde - motard / motarde - vieillard / vieillarde - blafard / blafarde - renard / renarde - bavard / bavarde - banlieusard / banlieusarde - campagnard / campagnarde - fort / forte - mort / morte ...

Singulier / pluriel : il perd / ils perdent - il dort / ils dorment - il sort / ils sortent - il mord / ils mordent - il part / ils partent ...

Du nom au verbe : le retard / il retarde - du fard / elle se farde - le cafard / elle cafarde - le hasard / Il hasarde... - le bazar / il bazarde - un lézard / il lézarde - le port / il porte - un apport / il apporte - un rapport / il rapporte - un report / il reporte - un support / il supporte - l'export/ il exporte - le transport / il transporte - le bord / il borde ...

Et je pense avoir presque épuisé les ressources de ces paradigmes...

 

À ces listes de paires de mots (souvent loin d'être fréquents) sans contexte et dont certains manuels se font une spécialité, je préfère la pratique des gammes qui me semble d'autant plus efficace qu'elle ne vise pas un éventuel accès au sens (cf. message "Traitement linguistique vs. traitement auditif"). Puisqu'il s'agit dans un premier temps de s'entraîner à pratiquer de nouveaux gestes articulatoires, il ne semble pas crucial d'utiliser de vrais mots (surtout décontextualisés et souvent inadéquats au niveau des apprenants). La pratique des gammes ne nécessite aucune recherche lexicale fastidieuse de la part de l'enseignant, qui peut alors concentrer son attention sur des mises en œuvre variées en classe. Les gammes sont aussi un outil facile à transmettre aux apprenants qui peuvent ainsi à leur tour construire leur matériel d'entraînement en fonction de leurs besoins propres. Et un étudiant qui construit ses exercices est un étudiant qui réussit. On veille juste à respecter les règles phonotactiques du français, qui sont, avec les phénomènes d'enchaînement, de liaison et d'effacement, beaucoup plus riches qu'on croit.

J'ai conçu ici des gammes en 2 syllabes : [o-C1aRC2#], C1 et C2 étant des consonnes qui varient.


opaaaa - Rp, opaaaa - Rt, opaaaa - Rk,

opaaaa - Rb, opaaaa - Rd, opaaaa - Rg,
opaaaa - Rf, opaaaa - Rs, opaaaa - Rʃ,

opaaaa - Rv, opaaaa - Rz, opaaaa - Rʒ,
opaaaa - Rm, opaaaa - Rn, opaaaa - Rl,

otaaaa - Rp, otaaaa - Rt, otaaaa - Rk,
otaaaa - Rb, otaaaa - Rd, otaaaa - Rg,...

okaaaa - Rp, okaaaa - Rt, okaaaa - Rk,
okaaaa - Rb, okaaaa - Rd, okaaaa - Rg,...

(comme : éparpillé, ils partent, au parc, par Boulogne, pardi, par Guy, par faire, par sortir, parchemin, parvenu...)

 

 ... en suivant l'ordre des consonnes (et c'est aussi à cela que servent les tableaux de l'API) :

(occlusives)      ptk / bdg,
(fricatives)        fsʃ / vzʒ,
(nasales et autres)  mnlR.

Fin du rappel

---------------------------------------------------------

La position suivante qu'il faut pratiquer est Voyelle+R+Consonne+Voyelle, où R ne se trouve plus en syllabe finale accentuée, mais à l'intérieur du groupe rythmique en position inaccentuée.

"Ils paRtent" - "Il est paRti là-bas" ;
"Une couRse" - "Une couRse à pied" ;
"Ils s'en seRvent" - "Ils s'en seRvent encore".

Attention, le principal écueil est ici de prononcer les syllabes se terminant par R plus longues que les autres. Or, la syllabe qui contient R doit avoir la même durée que les autres syllabes inaccentuées, puisque seule la dernière syllabe du groupe rythmique est plus longue. Il faut donc s'entraîner à prononcer un R TRÈS LÉGER et TRÈS COURT, pour que le rythme des syllabes inaccentuées soit bien régulier.

"Il est parti là-bas" : [i-lɛ-paR-ti-la-'baaa]
"Une course à pied" : [yn-kuR-sa-'pjeee]
"Ils s'en servent encore" : [il-sɑ̃-sɛR-vɑ̃-'kɔɔɔR].*

 

Tout va bien ? Jusque là, tout devrait bien se passer si vous vous entraînez systématiquement. Et de nombreux apprenants déclarent à cette étape qu'ils prononcent R avec un certain plaisir : "C'est amusant de le prononcer si léger!", "C'est finalement assez économique", "J'aime bien la sensation, c'est doux". Et vous, qu'en pensez-vous ?

 ----------------------------------------------------------------------------------------------

L'étape suivante est R entre deux voyelles Voyelle+R+Voyelle. On dit aussi en position intervocalique. Dans cette position, le son R s'écrit en orthographe soit "r" ("À Paris", "Mon mari"), soit "rr" ("J'arrive", "Horrible !"), mais il se prononce toujours de la même manière quelle que soit son orthographe.

R peut se trouver entre deux voyelles à l'intérieur d'un mot : Mes parents ! Ton numéro ? Au bureau.

ou entre deux mots d'un même groupe rythmique (ce qui revient exactement au même) : Du riz ? Par hasard ! Pour elle ? Toujours ici !

Pour s'entraîner, on peut donc utiliser ces mots-outils (par, pour, toujours, vers, sur, derrière, encore, d'abord, alors...), avant des mots commençant par une voyelle (elle(s), eux, Alain, Annie, Henri, Etienne, Isabelle, Angers, Aix, Amiens, amoureux, amusant, ennuyeux, ici, en voyage, en famille, en avion, au Japon, au Chili, au Maroc, en Chine, en Allemagne, en Espagne...). Construisez vos propres phrases d'entraînement.

Voici un exemple d'exercice de transformation qui utilise les enchaînements (les derniers items présentent plusieurs occurrences de R dans le même énoncé. Ex : Hé oui ! ToujouRs enRhumé !). Précision pour les puristes : la liaison en Z après toujours relève d'un registre très soutenu, même dans l'expression figée "toujours est-il...". Par contre l'enchaînement en R après toujours est commun et c'est ce qui est travaillé ici. L'exercice peut aussi être pratiqué à l'envers : la réponse pour le stimulus.

[R] intervocalique - Transformez!

 

 

Bilan : Vous produisez maintenant R avant consonne et R entre voyelles. Qu'en dites vous? Quelle position préférez-vous? Pourquoi? Pouvez-vous produire un R qui n'a pas d'influence sur la voyellequi précède? Pouvez-vous produire un R qui n'allonge pas la syllabe inaccentuée? Il ne reste plus que deux positions à travailler !

 

À suivre ...

 

 

18 avril 2013

La consonne R en français (1)

La consonne R du français est décrite comme un cauchemar phonétique par de nombreux apprenants étrangers. Ils trouvent généralement que ce n'est pas une belle consonne (et un tel jugement esthétique constitue le seul réel handicap pour l'entraînement, il faut donc avant tout faire évoluer cette opinion), elle a l'air de râcler la gorge, d'être tellement postérieure qu'elle donne envie de vomir... et en plus, on en trouve partout en français!

Sur ce dernier point, ils ont raison. La consonne R est la consonne la plus fréquente en français : elle représente à elle seule 13% des occurrences des 17 consonnes du français. Et c'est pour cela que R est incontournable... Prononcer un R roulé par exemple (comme en espagnol, en italien, en roumain, en russe...) est un énorme marqueur d'accent étranger en français.

Or, maîtriser la consonne R n'est pas aussi difficile qu'il y paraît. Il faut juste une organisation rigoureuse de l'entraînement.

R en français peut se trouver dans de nombreuses positions dans le groupe rythmique. Et la difficulté de sa réalisation dépend de sa position. C'est cet entraînement en fonction de la position qu'il faut organiser pour maîtriser le R étape par étape, position par position.

 

Par exemple, R en position finale de groupe rythmique est une consonne très douce (on l'entend parfois à peine), elle allonge juste la voyelle qui précède sans en modifier le timbre, elle est jolie comme un petit souffle... et vraiment facile à produire. C'est R# final. Pour ceux qui ont l'habitude de prononcer un R roulé dans leur langue maternelle (ou [l] comme en japonais), il faut seulement veiller à ce que la pointe de la langue ne se dresse pas vers les incisives supérieures pour le roulement, mais que la langue reste couchée (comme un chien! COUCHÉ!) en bas. Pour s'assurer que la pointe de la langue ne va pas se dresser, on peut proposer de coller la pointe de la langue derrière les incisives inférieures (et / ou vérifier dans un mirroir que la langue ne se dresse pas).

Car ce n'est pas du tout en avant de la bouche que les choses se passent pour R mais derrière. R est une consonne fricative, c'est à dire un son produit par un léger frottement. Ici, le frottement est produit par un TRÈS léger recul de la racine de la langue.


Dites un long [aaaa] et terminez par un bref et très léger recul de l'arrière de la langue. Encore plus bref et plus léger ! Le plus léger possible ? Voilà ! vous prononcez un R français. Facile, non?

Vous l'avez réalisé une fois? Il va falloir maintenant faire vos gammes, toujours dans cette position finale.
iiii - R,     ɛɛɛɛ - R,      aaaa - R,      ɔɔɔɔ  - R,      uuuu - R
yyyy - R,     œœœœ - R.

Vous allez maintenant ajouter une consonne pour commencer la syllabe. Par exemple [p] :
piiii - R, pɛɛɛɛ - R, paaaa - R, pɔɔɔɔ  - R, puuuu - R
pyyyy - R, pœœœœ - R.

Entraînez-vous avec d'autres consonnes ([t, k, d, m, f, s, v]). Assurez-vous toujours que :

1. la voyelle est longue et stable (elle n'est pas influencée par le R qui suit (comme en anglais américain par exemple : FR pire, ENG peer),

2. le R termine la syllabe, il est TRÈS LÉGER. Dans cette position, il peut toujours être plus léger, jusqu'à presque disparaître. Essayer de le faire presque disparaître aussi. Qu'en pensez-vous?

---------------------------------------------

Pouvez-vous répéter les syllabes suivantes sur un rythme lent et régulier en tapant sur la table ?

 

" 'soiR  'baR  'gaRe  -'gaR(d)  'n'aR-   'guèRe  ('de)  'boiRe..."

 

Ecoutez 1 fois le début de la chanson de Boby Lapointe Ta Katie t'a quitté, puis produisez uniquement les mots / syllabes en gros/gras ci-dessous, à dire sur les temps forts de la musique (répétée 5 fois!!! la vitesse est variable, jusqu'à la vitesse originale).

"Ce soiR au baR de la gaRe Igor hagaRd est noir il n'aRrête guèRe - deboiRe..."

AloRs? EncoRe?
D'accoRd! On continue...
 ----------------------------------------
 
Ah! l'amouR, toujouRs l'amouR...

Ecoutez et produisez les mots en gras du poème ci-dessous :


(La sculpture est Eve, d'Auguste Rodin, photographiée au jardin desTuileries)

Le Serment de Marceline Desbordes-Valmore

Idole de ma vie,
Mon tourment, mon plaisiR,
Dis-moi si ton envie
S'accorde à mon désiR ?
Comme je t'aime-en mes beaux jouRs,
Je veux t'aimer toujouRs.

Donne-moi l'espérance ;
Je te l'offre en retouR.
Apprends-moi la constance ;
Je t'apprendrai l'amouR.
Comme je t'aime-en mes beaux jouRs,
Je veux t'aimer toujouRs.

Sois d'un cœuR qui t'adoRe
L'unique souveniR ;
Je te promets encore
Ce que j'ai d'avenir.
Comme je t'aime-en mes beaux jouRs,
Je veux t'aimer toujouRs.

Vers ton âme attirée
Par le plus doux transpoRt,
Sur ta bouche adorée
Laisse-moi dire encoR :
Comme je t'aime-en mes beaux jouRs,
Je veux t'aimer toujouRs.

Bilan : Vous produisez maintenant R en finale de groupe rythmique. Qu'en dites vous? Est-ce agréable / désagréable? En quoi? Vous sentez-vous ridicule? Trouvez-vous cela joli? amusant? etc...

 

L'étape suivante consiste à produire un R toujours en finale du groupe rythmique mais cette fois-ci suivi d'une consonne. C'est R+Consonne #. Il faut toujours veiller à ce que la langue ne se dresse pas pour articuler R. Le bruit de friction est naturellement un peu plus fort à cause de la consonne qui suit, mais ce n'est pas la peine de forcer. Le R léger est toujours plus joli... et plus agréable à faire.

Entraînez-vous avec des gammes que vous construisez vous-même.

 

-------------------------------------------------------------------------------

Puis, quand vous sous sentez prêt, écoutez et répétez les mots du poème ci-dessous dans lequel  R# final et R+Consonne # alternent.

[R+Cons.#] La Morte - Maurice Carême

(Les tableaux du diaporama sont : sur le thème de la jeune fille et la mort, d'Edvard Munch et de Marianne Stokes, et sur le thème d'Orphée et Eurydice, de Christian Gottlieb Kratzenstein-Stub, de Ary Scheffer, de Jean-Albert Cresswell et de Jean-Baptiste Corot.)

La Morte de Maurice Carême

Il entendit la mort
Derrière cette porte,
Il entendit la mort
Parler avec la morte.

Il savait que la porte
Etait mal refermée
Et que, seule, la mort
En possédait la clé. 

Mais il aimait la morte
Et quand il l’entendit,
Il marcha vers la porte
Et l’ouvrit. Il ne vit

Ni la mort ni la morte ;
Il entra dans la nuit
Et doucement, la porte
Se referma sur lui.

 

Bilan : Vous produisez maintenant R en finale absolue et avant consonne. Qu'en dites vous? Quelle position préférez-vous? Pourquoi? Pouvez-vous produire un R encore plus léger? et encore plus? Ça vous plaît ? Etes-vous prêt à relever le défi de R dans d'autres positions?

 

À suivre ...

17 avril 2013

Réponses au Test !

Merci pour vos 22 réponses et bravo pour la qualité de votre écoute !

Collectivement, vous avez décelé les moindres traces de singularité. Félicitations ! Et une mention spéciale à Edith 2, qui est la seule à avoir démasqué la voix 4 !

Sur les quatre voix enregistrées, seule la voix 2 est française native. Et si le contenu de mon message introductif attirait particulièrement votre attention sur les performances identiques-à-celles-des-natifs de certains locuteurs non natifs, vous ne vous êtes pas trop laissé influencer et vous avez identifié la voix native à 86% comme française (ce qui est une limite supérieure classique dans ce type de recherche). Vous pouvez bien sûr consulter l'ensemble des 22 réponses mais en voici une petite synthèse... et surtout toute la vérité sur ces voix que je remercie pour leur participation !

Voix 1 : [décrite comme française à 68%, ou... québécoise? belge? gros doute? anglaise ou italienne...] F. est née et a vécu sa jeunesse en Roumanie où vit encore toute sa famille, mais elle est mariée depuis plus de 40 ans en France. Elle a appris le français en Roumanie à l'école et en famille où cet apprentissage était très valorisé. Elle est fière de parfaitement maîtriser le français, en particulier la grammaire et l'orthographe, et elle n'hésite pas à corriger les erreurs des natifs! Il est rarissime qu'on lui parle de son accent, et d'ailleurs elle n'aime pas ça.

Voix 2 : [décrite comme française à 86%, ou belge, anglaise ou italienne] L. est française et est médecin / chercheur ORL.

Voix 3 : [décrite comme française à 27% - qui fume, ou francophone, de Suisse, des Antilles, d'Afrique, ou hispanophone, anglo-américaine,... ] K. est italienne. Sa voix grave a fait pour ce test l'objet de nombreuses hypothèses... Elle a commencé à apprendre le français à l'âge de 20 ans, il y a aujourd'hui plus de 40 ans. Elle est fière de sa maîtrise du français, en particulier la grammaire et l'orthographe. Elle aussi aime signaler / corriger les erreurs qu'elle rencontre. Il est rarissime qu'on lui parle de son accent, et d'ailleurs elle non plus n'aime pas trop ça... et elle déteste se faire enregistrer !

Voix 4 : [décrit comme français à 55% - snob ou déprimé, ou... belge? luxembourgeois? suisse? canadien? hispanophone ou arabophone? américain? ] B. est anglo-américain. Il a 22 ans, il est étudiant dans une université américaine. Il a déjà fait plusieurs séjours en France. Il aime de façon évidente le français et sa prononciation. Il s'entraîne beaucoup afin que sa prononciation soit parfaite.

 

Conclusion : oui, il est possible de parler parfaitement une langue étrangère, même si on l'apprend adolescent ou jeune adulte. Chaque apprenant doit pouvoir faire de l'excellence un objectif réaliste. Ce n'est pas à l'enseignant de brider ce potentiel. Gérald Neufeld, chercheur canadien, l'a montré dans une expérience de 1974 :

Vingt sujets ont suivi deux cours de langue d’une durée de 18 heures chacun (en japonais, en chinois). Seules la prononciation et l’intonation étaient enseignées, pas de vocabulaire, pas de grammaire. La première moitié du cours (9 heures) n’était consacrée qu’à l’écoute d’énoncés en langue étrangère, d’exercices de tracé de courbes intonatives et rythmiques, d’exercices de discrimination auditive (détecter des différences). Ce n’est que dans la deuxième moitié de chaque cours (9 heures) que les sujets devaient répéter, d’abord à mi-voix, puis à haute voix, des énoncés comprenant entre une et seize syllabes dans la nouvelle langue. Les sujets répétaient finalement dix énoncés enregistrés, sans les avoir répétés au préalable. Pour chaque langue, la performance des sujets était évaluée selon une échelle de cinq points par trois juges « autochtones qui ignoraient tout des raisons d’être et des objectifs de la recherche ». Onze des vingt sujets ont été identifiés comme de langue maternelle japonaise, et neuf comme de langue maternelle chinoise. Ces résultats semblent indiquer que l’adulte ne perd ni la capacité de percevoir les différences subtiles de son, de rythme et de hauteur, ni celle de reproduire ces sons et ces contours.

 

Pour finir ce message sur l'excellence phonétique, voici un exemple du français d'Akira Mizubayashi, écrivain japonais d'expression française, déjà cité dans d'autres messages de ce blog et qui parle ici très succinctement de son apprentissage de la langue. Fermez les yeux et écoutez. Moi, ce que j'entends avant tout, c'est un plaisir gourmand à prononcer la langue.

AKIRA MIZUBAYASHI