30 avril 2008

S'engager dans l'entraînement phonétique

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Exemple de questionnaire introductif à l'entraînement phonétique (conçu pour des apprenants anglophones)

Discussion en français / réponses en anglais
(à mesure des réponses, faire répéter en :
- parlant plus lentement
- articulant plus précisément
- prenant l’accent d’un touriste français
- prenant un accent régional américain / britannique

Nous sommes là pour travailler la prononciation. Pour moi, l’entraînement à la prononciation, c’est comme un entraînement sportif. Tu es d’accord ? Peux tu me donner une autre comparaison et la justifier ?

Toujours suivant la comparaison avec un entraînement sportif, as-tu (ou penses-tu avoir) un handicap ou une fragilité dont il faut parler avant de commencer ?

Si on reprend la comparaison d’un entraînement (sportif), que faudrait-il faire pour progresser rapidement d’un niveau à un autre ? (conscience, motivation, obsession, régularité, vigilance, être actif… ou qualité des exercices, variété, intérêt…)

Et pour la prononciation ? Dans quel état d’esprit faudrait-il être ?

Te sens-tu prêt à un tel entraînement ? Qu’est-ce qui risque d’être difficile pour toi ?

Je pense que pour améliorer sa prononciation, il faut en avoir conscience. Comme avoir conscience de son corps pour le travailler en sport. Plus on a conscience de sa prononciation (au moins pendant l’entraînement, mais aussi en dehors), plus on l’améliore. Es-tu d’accord ?

Es-tu attentif à ta prononciation :
… jamais… parfois (quand ?)… souvent…. toujours
Pourquoi ?

Je pense que pour améliorer sa prononciation, il faut s’amuser avec la souplesse de sa voix, les possibilités. Cela améliore aussi la conscience de la voix. Es-tu d’accord ?

Aimes-tu chanter ?
… t’amuser avec ta voix (imitations, bruits…)
… lire à haute voix (un poème, un passage littéraire…)

Les enfants semblent avoir une facilité naturelle à adopter une autre prononciation que les adultes n’ont pas. La recherche scientifique a montré que ce n’est pas pour des raisons « biologiques ». Il s’agit donc de différences dans le traitement de l’information ou de différences « psycho-sociologiques ». Qu’en penses-tu ?

Quelle est ta réaction face à quelqu’un qui parle l’anglais sans accent – même si il y a des erreurs de grammaire, etc… ? Qu’est-ce que cela dit sur la personne ?

Quelle est ta réaction face à quelqu’un qui parle l’anglais avec un énorme accent ? Qu’est-ce que cela dit sur la personne ?

Avoir une prononciation médiocre ou même détestable (ce qui correspond toujours à une forme de rejet de la musique de la langue)…
- cela apporte des avantages ? des inconvénients ?
- est-ce un plaisir ? une souffrance ?

Je te laisse répondre aux mêmes questions à partir de la proposition inverse…
Avoir une bonne ou même une excellente prononciation (ce qui correspond toujours à une grande conscience de la prononciation)…
- cela apporte des avantages ? des inconvénients ?
- est-ce un plaisir ? une souffrance ?

Evalue toi-même ton niveau de français (1 : le plus mauvais, 10 : le meilleur)
En compréhension orale ?
En compréhension écrite ?
En expression écrite ?
En expression orale ?
En prononciation ?
En grammaire ?
En vocabulaire ?

Nous avons là une conversation importante avant un entraînement à la prononciation, qu’en retiens-tu ? Cela est-il compatible avec ton état d’esprit ? Cela te donne-t-il des envies ? Es-tu excité par un challenge ? T’es-tu déjà entraîné à la prononciation ? Crois-tu pouvoir être créatif dans ton entraînement (imaginer / tester des exercices, engageant le corps, la chanson, la voix, la carricature, l’imitation…) Penses-tu parvenir à t’entraîner dans le plaisir (en étant actif et non passif) ? Quelles limites vois-tu à ton entraînement ?

J’ai été très frappé par la déclaration d’un ancien étudiant du programme (d’il y a 10 ans) pendant la fête du cinquantenaire, qui disait littéralement : « Je peux dire que de tous les cours, on oublie tout. De ce qu’on a appris en tant qu’étudiant, on a tout oublié. Par contre, le cours de phonétique, ça a été la chose la plus utile que j’ai faite... de toute ma vie ! ». Je n’ai pas eu la présence d’esprit de lui demander pourquoi. Qu’en penses-tu ?

Mon point de vue : en travaillant la voix, la parole, l’écoute, le contrôle de soi, l’ouverture à la différence, les marques de l’oral, la musique et le rythme de la langue, on fait une sorte de travail de développement personnel, sur une capacité, une performance, et non un savoir ni une compétence, et que ce développement est très durablement enrichissant d’un point de vue personnel. Qu’en penses-tu ?

Peux-tu réfléchir à notre conversation pendant la semaine et noter tes réflexions, pour marquer le commencement de cet entraînement. Plus ta réflexion sera nourrie, plus tu feras la preuve de ton engagement dans cet entraînement. Es-tu d’accord ?

 

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