Enseignement/Apprentissage de la Prononciation du Français

05 février 2017

La leçon de prononciation de Ionesco

 

     Voici un autre incontournable morceau choisi en phonétique : l'extrait de la célèbre pièce La leçon de Ionesco (1950), extrait consacré à la linguistique et plus particulièrement à la prononciation. Fantaisiste, inquiétant, poétique, tout l'univers de Ionesco en quelques pages.

     En voici la transcription orthographique, ainsi qu'un enregistrement (à peine arrangé en monologue) pour lequel j'ai soigné mon élocution !

 

 

 

 

LE PROFESSEUR : Toute langue, Mademoiselle, sachez-le, souvenez-vous-en jusqu’à l’heure de votre mort ...

L’ÉLÈVE : Oh! oui, Monsieur, jusqu’à l’heure de ma mort ... Oui, Monsieur.

LE PROFESSEUR : ... et ceci est encore un principe fondamental, toute langue n’est en somme qu’un langage, ce qui implique nécessairement qu’elle se compose de sons, ou ...

L’ÉLÈVE : Phonèmes ...

LE PROFESSEUR : J’allais vous le dire. N’étalez donc pas votre savoir. Écoutez, plutôt.

L’ÉLÈVE : Bien, Monsieur. Oui, Monsieur.

LE PROFESSEUR : Les sons, Mademoiselle, doivent être saisis au vol par les ailes pour qu’ils ne tombent pas dans les oreilles des sourds. Par conséquent, lorsque vous vous décidez d’articuler, il est recommandé, dans la mesure du possible, de lever très haut le cou et le menton, de vous élever sur la pointe des pieds, tenez, ainsi, vous voyez ...

L’ÉLÈVE : Oui, Monsieur.

LE PROFESSEUR : Taisez-vous. Restez assise, n’interrompez pas ... Et d’émettre les sons très haut et de toute la force de vos poumons associée à celle de vos cordes vocales. Comme ceci : regardez : « Papillon », « Eurêka », « Trafalgar », « papi, papa». De cette façon, les sons remplis d’un air chaud plus léger que l’air environnant voltigeront, voltigeront sans plus risquer de tomber dans les oreilles des sourds qui sont les véritables gouffres, les tombeaux des sonorités. Si vous émettez plusieurs sons à une vitesse accélérée, ceux-ci s’agripperont les uns aux autres automatiquement, constituant ainsi des syllabes, des mots, à la rigueur des phrases, c’est-à-dire des groupements plus ou moins importants, des assemblages purement irrationnels de sons, dénués de tout sens, mais justement pour cela capables de se maintenir sans danger à une altitude élevée dans les airs. Seuls, tombent les mots chargés de signification, alourdis par leur sens, qui finissent toujours par succomber, s’écrouler...

L’ÉLÈVE : ... dans les oreilles des sourds.

LE PROFESSEUR : C’est ça, mais n’interrompez pas ... et dans la pire confusion ... Ou par crever comme des ballons. Ainsi donc, Mademoiselle ...  (L’Élève a soudain l’air de souffrir.) Qu’avez vous donc?

L’ÉLÈVE : J’ai mal aux dents, Monsieur.

LE PROFESSEUR : Ça n’a pas d’importance. Nous n’allons pas nous arrêter pour si peu de chose. Continuons ...

L’ÉLÈVE (qui aura l’air de souffrir de plus en plus) : Oui, Monsieur.

LE PROFESSEUR : J’attire au passage votre attention sur les consonnes qui changent de nature en liaisons. Les f deviennent en ce cas des v, les d des t, les g des k et vice versa, comme dans les exemples que je vous signale : «trois heures, les enfants, le coq au vin, l’âge nouveau, voici la nuit».

L’ÉLÈVE : J’ai mal aux dents.

LE PROFESSEUR : Continuons.

L’ÉLÈVE : Oui.

LE PROFESSEUR : Résumons : pour apprendre à prononcer, il faut des années et des années. Grâce à la science, nous pouvons y arriver en quelques minutes. Pour faire donc sortir les mots, les sons et tout ce que vous voudrez, sachez qu’il faut chasser impitoyablement l’air des poumons, ensuite le faire délicatement passer, en les effleurant, sur les cordes vocales qui, soudain, comme des harpes ou des feuillages sous le vent, frémissent, s’agitent, vibrent, vibrent, vibrent ou grasseyent, ou chuintent ou se froissent, ou sifflent, sifflent, mettant tout en mouvement : luette, langue, palais, dents ...

L’ÉLÈVE : J’ai mal aux dents.

LE PROFESSEUR : ... lèvres ... Finalement les mots sortent par le nez, la bouche, les oreilles, les pores, entraînant avec eux tous les organes que nous avons nommés, déracinés, dans un envol puissant, majestueux, qui n’est autre que ce qu’on appelle, improprement, la voix, se modulant en chant ou se transformant en un terrible orage symphonique avec tout un cortège... des gerbes de fleurs des plus variées, d’artifices sonores : labiales, dentales, occlusives, palatales et autres, tantôt caressantes, tantôt amères ou violentes.

L’ÉLÈVE : Oui, Monsieur, j’ai mal aux dents.

LE PROFESSEUR : Continuons, continuons. Quant aux langues néo-espagnoles, elles sont des parentes si rapprochées les unes des autres, qu’on peut les considérer comme de véritables cousines germaines. Elles ont d’ailleurs la même mère : l’espagnole, avec un e muet. C’est pourquoi il est si difficile de les distinguer l’une de l’autre. C’est pourquoi il est si utile de bien prononcer, d’éviter les défauts de prononciation. La prononciation à elle seule vaut tout un langage. Une mauvaise prononciation peut vous jouer des tours. A ce propos, permettez-moi, entre parenthèses, de vous faire part d’un souvenir personnel.

(Légère détente, le Professeur se laisse un instant aller à ses souvenirs; sa figure s’attendrit; il se reprendra vite.)

J’étais tout jeune, encore presque un enfant. Je faisais mon service militaire. J’avais, au régiment, un camarade, vicomte, qui avait un défaut de prononciation assez grave : il ne pouvait pas prononcer la lettre f. Au lieu de f, il disait f. Ainsi, au lieu de : fontaine, je ne boirai pas de ton eau, il disait : fontaine, je ne boirai pas de ton eau. Il prononçait fille au lieu de fille, Firmin au lieu de Firmin, fayot au lieu de fayot, fichez-moi la paix au lieu de fichez-moi la paix, fatras au lieu de fatras, fifi, fon, fafa au lieu de fifi, fon, fafa ; Philippe, au lieu de Philippe ; fictoire au lieu de fictoire ; février au lieu de février; mars-avril au lieu de mars-avril ; Gérard de Nerval et non pas, comme cela est correct, Gérard de Nerval ; Mirabeau au lieu de Mirabeau, etc., au lieu de etc., et ainsi de suite etc. au lieu de etc., et ainsi de suite, etc. Seulement il avait la chance de pouvoir si bien cacher son défaut, grâce à des chapeaux, que l’on ne s’en apercevait pas.

 

 

 

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03 mai 2016

Perception fine

    

     Nanaïssa est une brillante étudiante de master FLE avec laquelle j’ai travaillé pendant les deux semestres universitaires. Rigoureuse, appliquée et visiblement intéressée par la phonétique, les interventions de Nanaïssa sont toujours pertinentes et créatives. Aussi ai-je mis du temps à comprendre sa question à la suite d’une transcription phonétique : Comment transcrit-on [dʒ] en français ?

Ma réponse : [dʒ] ? ... Mais cette consonne dite affriquée n’existe que dans les emprunts (gin, jean’s) ou due à des effacements de e (Pas d(e) jaune, Plein d(e) gens)...

Relance de l’étudiante : Oui, mais dans « dix » ?

Me voilà très étonné : A ma connaissance, il n’y a qu’en québécois que [t, d] sont affriquées devant des voyelles fermées… En français standard, on dit [dis]…

Nanaïssa se tourne vers sa voisine : Tu ne dis pas [dzis]/ [dʒis], toi ? tu ne dis quand même pas [dis], si ?

     S’ensuit une discussion passionnante. Nanaïssa n’a en effet pas tort lorsqu’elle dit entendre une friction entre les consonnes occlusives [t,d] et les voyelles fermées. C’est un effet articulatoire : la production des voyelles fermées est propice à la friction, puisque le conduit buccal est très étroit. C’est cette friction que l’on entend parfois dans certains mots se terminant par une voyelle fermée. Par exemple [i] (Merci !), [y] (Salut !) prononcés avec une friction / souffle à la fin. C’est presque une des caractéristiques de Françoise Treussard qui présente sur France Culture l’émission Des papous dans la tête, « Papous » qu’elle prononce plusieurs fois par émission suivi d’une jolie friction. Est-ce cette friction finale que certains apprenants japonais systématisent en [R] : OuiR ?

     Le cas qui nous intéresse est un peu différent, puisqu'il s'agit d'une friction entre occlusive et voyelle fermée. Bref, les voyelles fermées [i,y], et les syllabes ti, tu, di, du étant très fréquentes en français, Nanaïssa a systématisé cette friction occasionnelle qu’elle a toujours finement perçue.

     J’ai lui ai demandé de rapporter son témoignage. Voici son texte :

 

Lorsque j'étais petite, je pensais qu'il n'existait que deux façons de parler la langue de Molière : ''le français de la région parisienne'' et ''le français de mes parents'' dont l'accent malien a toujours été fort prononcé. Ces derniers sont originaires de deux régions maliennes différentes où l'on parle deux langues différentes. De ce fait, ils ne m'ont jamais appris leur langue respective étant donné qu'ils utilisaient eux-mêmes le français pour se comprendre. Il s'agit donc de ma seule langue maternelle.

Tout récemment, j'ai pris connaissance de la réelle diversité des parlers français, proportionnelle aux nombres de locuteurs de la langue. J'ai découvert que la prononciation d'un simple son pouvait varier, de manière plus ou moins subtile, d'un locuteur natif à un autre, même lorsque ces derniers partagent le même parcours et/ou le même environnement.

Je précise qu'à l'exception de quelques séjours plus ou moins prolongés en Allemagne, je n'ai jamais vécu en dehors de la région parisienne. Je pensais donc m'exprimer tout à fait ''normalement'', si l'on considère qu'une norme du français de la région parisienne existe. Pourtant, je me suis rendue compte que je ne prononçais pas les phonèmes [d] et [t] de la même façon que mon entourage lorsque ces derniers sont suivis de voyelles antérieures fermées telles que [i] et [y] .

C'est lors d'un partiel que j'en ai pris conscience. J'avais à retranscrire la phrase «Rendez-vous au vieux port le 11 juin vers 10 heures du soir.» en Alphabet Phonétique International. Plutôt confiante au départ, je ne m'attendais pas à bloquer sur la transcription du « du » et du « 10 ». Mais c'est ce qui m'est arrivé. J'ai passé l'heure à me demander quel était le caractère adéquat pour retranscrire la lettre ''d'' dans ces deux cas précis.

J'avais pourtant retranscrit le mot « rendez-vous » sans problème juste avant, mais pour moi, ce [d] n'était pas du tout le même ''d'' que l'on retrouve dans les mots « du » et « dix ». En terme de graphie, je voyais bien qu'ils utilisaient tous les trois la consonne ''d''. Mais à l'oral, ce ''d'' ne se prononce pas de la même façon. Dans le mot « dix » et « du », le son [d] s'apparente bien plus au phonème [dʒ] présent dans le mot « jean » qu'au phonème [d]. Du moins, c'est ce dont j'étais persuadée.

Soucieuse de vouloir retranscrire le son correctement, j'ai pensé à utiliser plusieurs combinaisons telles que [d+j] voire [t+j] mais je n'ai pas un instant songé au fait qu'il s'agissait tout simplement du phonème [d]. Tout comme la lettre ''g'' qui se prononce différemment lorsqu'elle précède la voyelle ''a'' et la voyelle ''i'', je pensais que les lettres ''d'' et ''t'' se prononçaient également différemment selon la voyelle qu'elles précèdent. Au final, je me suis résignée à retranscrire « dix » et « du » de la façon suivante: [ʒis] et [ʒy]. Puis à l'issue du partiel, j'ai fait part au professeur de ma difficulté à retranscrire le ''d'' de «dix/du », l'accusant même de ne pas nous avoir appris le symbole phonétique au préalable.

À ma grande surprise, aucun de mes camarades n'avaient été confrontés à ce problème et l'utilisation du symbole [d] pour retranscrire ces deux mots semblait avoir été une évidence pour tout le monde. Le professeur a cherché à comprendre d'où venait mon problème et a finalement comparé ma prononciation du [di], du [du], du [ti] et du [tu] à celle des Québécois qui ajoutent un souffle dans plusieurs de leur phonèmes.

Même avec ces explications, je n'en démordais toujours pas. J'ai demandé à plusieurs personnes de mon entourage si les deux ''d'' présents dans ''didactique'' se prononçaient de la même façon pour eux. Tous, y compris mes frères et sœurs, m'ont affirmé que oui. Je n'ai pas eu d'autres choix que d'accepter le fait que c'était moi qui prononçais mal le phonème en question. Je me suis donc entraînée plusieurs fois à tenter de rectifier ma prononciation mais c'est assez dur de se débarrasser d'une habitude. Le professeur avait raison, ce n'était qu'une histoire de souffle.

En conclusion, les francophones ont bel et bien tendance à rajouter un souffle lorsqu'ils prononcent des sons très fermés, mais cela ne change en rien la consonne phonétique qui le précède. Quant à ma prononciation du ''du'', proche de celui des Québécois, elle est sûrement due à une accentuation involontaire de ce phénomène.

 

 

 

 

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29 février 2016

Stop à la maltraitance phonétique !

 

    On demande souvent aux chercheurs (ou aux enseignants-chercheurs) ce qu'ils trouvent. Dans le domaine de l'enseignement / apprentissage de la prononciation, les chercheurs rencontrent des évidences souvent négligées, des mesures simples favorisant l’acquisition de la meilleure prononciation possible en langue étrangère qui semblent bien naïves et qui sont étrangement ignorées. C'est ce que nous avons voulu maladroitement rappeler dans l'Appel des Phonéticiens, en précisant notamment le rôle de l'environnement scolaire et familial dans l'établissement d'une confiance en soi et d'une estime de soi dans le périlleux domaine de la prononciation d'une nouvelle langue. Nous précisions :

 

"l’environnement scolaire et familial de l’apprenant doit soutenir et valoriser cet effort :

l’image que l’apprenant a de lui-même dans la nouvelle langue est en jeu."

 

    Frédérique m'a fait parvenir un témoignage édifiant, non seulement par l'attitude si maladroite et inconséquente de son enseignante, mais surtout par les graves répercussions à long terme d'une telle attitude. 

    Il est très important de ne pas laisser s'exprimer moqueries, regards négatifs sur les efforts de prononciation en langue étrangère de quiconque. Un effort de prononciation qui s'éloigne de la prononciation de la langue maternelle, qui tente de s'approprier une altérité doit toujours être valorisé et encouragé, même si la tentative est maladroite.

    J'espère que le témoignage de Frédérique ouvrira les yeux de certains sur les graves conséquences d'attitudes moqueuses à un moment de prise de risque. Stop à la maltraitance phonétique !

 

 

    Je dois commencer par dire que j'ai une histoire un peu compliquée avec la prononciation des langues qui ne sont pas ma langue maternelle et étrangement surtout avec les langues qu'aujourd'hui  j'aimerais parler.
La seule langue pour laquelle on ne m'a jamais fait de remarques désobligeantes concernant mon accent ou ma prononciation est l'allemand, langue que je n'ai jamais voulu apprendre et dans laquelle j'ai été inscrite d'office en sixième. Plus de 35 ans après, je ne parle pas cette langue mais les quelques mots ou phrases que j'en dis le sont apparemment avec un accent plutôt correct, c'est en tout cas les retours que j'en ai.
(...) En fait, la langue que j'aimerais parler c'est l'anglais mais j'ai tellement honte de ma prononciation que je n'ose pas .

Ce qui m'a freinée pour améliorer ma prononciation de l'anglais
Je n'ai étudié l'anglais qu'en quatrième et troisième, en tant que seconde langue. J'en ai un souvenir assez terrible. Plus de trente ans après, j'ai des difficultés à reconstruire la genèse de cette triste expérience avec la langue anglaise mais ce dont je me rappelle de mon apprentissage au collège concerne plus particulièrement la prononciation ou plus précisement mes difficultés de prononciation.
En fait, j'ai deux souvenirs marquants. Le premier concerne une punition que j'ai eue au tout début de ma classe de quatrième parce que ma professeur pensait que j'avais voulu faire rire toute la classe en prononçant baiseroume pour dire que je ne sais plus trop qui dormait dans la chambre à coucher. Une malencontreuse confusion entre bedroom et bathroom, une prononciation désastreuse et hop le tour était joué et ma réputation faite !
Un peu plus tard, cette même professeur, m'a interrogée pour  lire un texte  en disant plus ou moins : «  Alors maintenant on va rire un peu... on va demander à Frédérique de lire ». Et évidemment à 13 ou 14 ans, plutôt que de passer pour une idiote on en rajoute dans la provocation : mieux vaut être considérée comme une rebelle que comme une imbécile par ses pair-e-s !
Je n'ai par contre aucun souvenir de cours ou d'activités pour améliorer cette prononciation apparemment si drôle qu'aujourd'hui encore si je dois prononcer le titre d'un film en anglais j'ai honte et je commence toujours par m'excuser de mon accent et du fait que je ne parle pas du tout anglais.
(...)
Plus largement, concernant ces freins, je dois évoquer le fait que personne dans mon entourage familial ne parlait anglais. La seule personne de ma famille qui parlait une langue étrangère était ma grand-mère, elle parlait frioulan et italien. J'avais des amis qui parlaient d'autres langues dans leurs familles, notamment le portugais, l'arabe ou le berbère mais pas l'anglais. Pour moi, et sans doute aussi pour mon entourage, l'anglais était la langue de la high class, ce qui clairement n'était pas la mienne. Bref, dans mon système de représentation, la langue anglaise n'avait pas un statut social qui me donne envie de l'apprendre.

Ce qui pourrait faciliter l'amélioration de ma prononciation de l'anglais
Depuis quelques années maintenant, j'ai envie d'apprendre l'anglais car c'est la seule langue qui puisse me permettre de communiquer avec des personnes du monde entier ou de lire des textes et des articles de journaux sur des sujets qui m'intéressent.
(...)
L'an dernier, un événement a également précipité les choses dans mes rapports avec l'anglais : j'ai rencontré plusieurs personnes qui venaient de divers pays et notamment du Soudan, d’Éthiopie et d'Afghanistan et la seule langue commune pour que ces personnes parlent entre elles au-delà de leurs nationalités et langues maternelles différentes est l'anglais. L'anglais est aussi la seule langue dans laquelle je peux avoir des semblants de conversations avec ces personnes ou échanger des informations cruciales telles des lieux et des heures de rendez-vous ou des enseignements pour remplir des formulaires administratifs. Étrangement, moi qui ne parvenais depuis des années à prononcer un mot dans cette langue car cela me mettait terriblement mal à l'aise, j'ai commencé à « baragouiner » en anglais avec ces nouvelles connaissances. A chaque fois je m'excuse de mon mauvais niveau  mais, fait nouveau, je parle (un peu), j'échange en anglais.
J'ai donc commencé par moi-même à écouter de l'anglais, à lire de petits articles sur des sujets familiers en anglais, à revoir les bases. Je m'exerce à prononcer l'anglais en répétant des mots ou des phrases via des exercices trouvés sur internet ou des phrases que j'entends dans des films en VO.
Bon, ceci dit , je pense avoir péniblement acquis un niveau A1.1 et guère plus mais je crois que je progresse et j'ai envie de continuer.
Pour résumer, ma principale motivation pour m'exercer à prononcer l'anglais est l'envie d'être comprise et de pouvoir communiquer avec des personnes qui parlent cette langue.

Encore un frein
Le problème c'est que l'anglais que j'entends et comprends depuis maintenant plus de six mois est un anglais parlé exclusivement par des personnes dont les langues sont l'arabe, le persan, le farsi, l'amarique ou le tigrinien et qui le parlent avec des accents plus ou moins prononcés parfois. Parmi cette multitude d'accents, finalement je ne sais pas si ma propre prononciation s'améliore ou si tout simplement les personnes me comprennent parce qu'elles sont habituées à faire l'effort d'écouter des gens qui parlent anglais avec des accents différents.  En tout cas, j'ai de moins en moins honte de prononcer des mots ou de petites phrases en  anglais, dans ce cadre là en tout cas. Je pense aussi que d'entendre des personnes qui s'expriment de façon fluide en anglais mais avec plein d'accents différents a aidé à lever quelques unes de mes inhibitions.


 

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