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Demain dès l'aube (Victor Hugo) / Déjeuner du matin (Jacques Prévert)

Le chat et le soleil (Maurice Carême)

Locataires (Jean-Luc Moreau)

La lune blanche (Paul Verlaine)

L'invitation au voyage (Charles Baudelaire)

Chanson (Jacques Prévert)

Faune (Norge)

De tous les animaux... (Nicolas Boileau)

Mon rêve familier (Paul Verlaine)


 

 

 Les tableaux sont de René Magritte, la musique de Philippe Glass.

 

Un beau matin - Jacques PRÉVERT (Histoires et d'autres histoires)

[ɛ̃boma'tɛ̃   *ʒak pʁevɛʁ]

Il n’avait peur de personne           [ilnavE'pœʁdŒpɛʁ'sɔn 
Il n’avait peur de rien                      ilnavE'pœʁdŒ'ʁjɛ̃
Mais un matin un beau matin         mɛzɛ̃ma'tɛ̃  ɛ̃boma'tɛ̃
Il croit voir quelque chose              ilkʁa'vwaʁ kɛlkŒ'ʃoːz
Mais il dit Ce n’est rien                  mEzil'di sŒnE'ʁjɛ̃
Et il avait raison                             eilavɛʁE'zõ
Avec sa raison sans nul doute       avɛksaʁE'zõ   sɑ̃nyl'dut
Ce n’était rien                                sŒnEtɛ'ʁjɛ̃
Mais le matin ce même matin       mElŒma'tɛ̃  sŒmɛmma'tɛ̃
Il croit entendre quelqu’un            ilkʁatɑ̃'tɑ̃ːdʁ  kɛl'kɛ̃
Et il ouvrit la porte                         eiluvʁila'pɔʁt
Et il la referma en disant Personne  eillaʁŒfɛʁma  ɑ̃dizɑ̃ pɛʁ'sɔn
Et il avait raison                             eilavɛʁE'zõ
Avec sa raison sans nul doute       avɛksaʁE'zõ  sɑ̃nyl'dut
Il n’y avait personne                      ilniavɛpɛʁ'sɔn
Mais soudain il eut peur                mEsu'dɛ̃  ily'pœʁ      
Et il comprit qu’il était seul            eilkõpʁi kilEtɛ'sœl
Mais qu’il n’était pas tout seul      mEkilnEtɛpatu'sœl
Et c’est alors qu’il vit                    esEta'lɔʁ kil'vi
Rien en personne devant lui.       ʁjɛ̃ ɑ̃pɛʁ'sɔn  dŒvɑ̃lɥi]

 

 

Comment identifier les contenus phonétiques d'un document ?

Il est plus facile de travailler à partir d'une transcription phonétique présentant les groupes rythmiques (comme ci-dessus). Ce poème de Précert ne présente pas de ponctuation et comme pour tous les documents, on doit commencer par indiquer les groupes rythmiques minimaux. On observe ensuite en priorité les syllabes accentuées (les dernières syllabes des groupes rythmiques, portant le signe diacritique ' avant) : on peut relever la nature de la structure syllabique, la voyelle accentuée, les consonnes en position forte = à l'initiale de la syllabe accentuée... en cherchant ce qui est le plus présent.

Il y a des mots récurrents dans le poème qui se trouvent en syllabes accentuées : peur, personne, rien, matin, raison, sans nul doute, seul. On trouve aussi les mots : voir, entendre, quelqu'un, porte, en disant, soudain.

Il y a de quoi travailler ici (comme dans presque tous les documents) les voyelles nasales : [ɛ̃] matin, rien, quelqu'un, soudain ; [ɑ̃] entendre, en disant ; [õ] raison.

On peut aussi travailler l'opposition [voyelle orale + consonne nasale] ([ɔn], personne) vs. [voyelle nasale] ([õ], ).

On trouve plusieurs occurences de peur, seul, pour travailler [œ].

[ɔ] se trouve en syllabe fermée (comme toujours) : personne, porte, alors. [o] en syllabe ouverte (beau) mais aussi fermée (quelque chose).

Et l'expression sans nul doute offre, en syllabes fermées, une belle opposition syntagmatique [y] /[u] (comme pas du tout).

 

Pour les consonnes, on peut travailler (là aussi comme dans presque tous les documents) sur le [ʁ] dans toutes les positions : [ʁ] en finale absolue dans peur, voir, alors ; [ʁ] en finale de syllabe (+ consonne) dans personne, referma ; [ʁ] en initiale dans rien, raison referma ; consonne + [ʁ] dans croit, entendre, ouvrit, comprit[ʁ] intervocalique dans de rien, avait raison, sa raison...

 

Quelles sont les liaisons ? Mais-un matin, Mais-il dit, Il croit-entendre, C'est-alors. Mais attention ! Et#il, Rien#en personne.

Les enchaînements consonantiques? Il avait, il ouvrit, il eut, il était.